Prenez une louche de créativité, une cuillère d’engagement, une belle dose de féminité, un maelström de couleurs, une pointe d’extravagance et un grain de folie, et vous obtiendrez une des artistes les plus impressionnantes de la scène musicale mexicaine : "la môme tequila" Astrid Hadad
Astrid Hadad en spectacle (photo AH)
Une artiste iconoclaste haute en couleursNée à Chetumal, Quintana Roo, Astrid Hadad est arrivée à l’âge de 18 ans à Mexico, "
une ville faite pour elle", afin d’y étudier les sciences politiques et sociales à L’UNAM. Son insatiable curiosité, liée à la passion de la musique et du théâtre, l’a peu à peu entrainé à travers le Mexique et l’Europe, à la rencontre d’artistes et comédiens aux univers divers et variés. Dans son envie de démystifier les icones du théâtre et de vivre un art libre, hors des carcans traditionnels, Astrid Hadad a bâti son propre style. S’inspirant de Bertold Brecht, de l’expressionisme allemand, des stéréotypes véhiculés par le "cine de oro" mexicain, et de la tradition du "carpa" mexicain, cette artiste exceptionnelle
souhaite donner au cabaret une dimension nouvelle. "
Mes personnages ont un caractère universel, affirme-t-elle.
De la paysanne à la femme fatale, ma critique passe a travers un personnage qui en est plusieurs à la fois. Je ne souhaite pas seulement imiter pour critiquer mais pour aboutir a une libération de l’esprit".

Affiche d' Astrid Hadad de son spectacle Divinas Pecadoras La scène de cabaret comme théâtre de la société Ses spectacles sont une "orgie de liberté", une explosion de couleurs, de sons et de lumières. Mais plus qu’une performance artistique, fruit d’une imagination prolifique, ils sont aussi une satire politique. "
La majorité de mes spectacles sont en faveur de la défense des femmes" dit-elle, et quand on lui demande si ce thème trouve le même écho à Mexico ou en France, où elle a dernièrement reçu un incroyable accueil, elle répond que "
dans tous les pays ou je suis allée, même ceux que je pensais appartenir aux plus développés, je me suis rendu compte que la femme n’est jamais vraiment l’égale de l’homme.
Si la condition des femmes mexicaines s’est transformée par nécessité économique, ayant l’obligation de sortir de chez soi pour travailler, il reste un machisme invisible qui entrave leur liberté et leur indépendance". Critiquée par certaines féministes mexicaines car trop sensuelle, rejetée par la culture officielle et commerciale car trop anticonformiste, "la môme tequila" a mis longtemps a être acceptée par le public mexicain, jusqu'au grand succès de son dernier spectacle
Divinas pecadoras au théâtre hidalgo.
Maelle DANIAUD. (www.lepetitjournal.com - Mexico) mercredi 7 mai 2008