| Ecrit par Marie Malzac,
le 06-05-2008 23:00
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Rome a changé de bord politique. Après 15 années de la gauche au pouvoir, un candidat du PDL, coalition de Silvio Berlusconi, est sorti vainqueur des élections municipales qui se sont achevées le 28 avril. Gianni Alemanno, donné pourtant perdant dans les sondages, a axé sa campagne sur la sécurité et l'immigration Affiche de campagne de Gianni Alemanno
C’est un "miracle électoral", selon les propres mots de Gianni Alemanno. De fait c’est la première fois, depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, que la droite est au pouvoir à Rome. La Démocratie Chrétienne (centre) et la gauche s’étaient toujours alternées. Malgré une participation relativement basse pour le 2ème tour des élections le 28 avril (environ 63 %), ce changement est un succès supplémentaire pour le parti de Silvio Berlusconi. Il renforce ainsi le poids de sa victoire aux récentes élections législatives. "Je serai le maire de tous" a déclaré Gianni Alemanno. L'ancien ministre de l'Agriculture de Silvio Berlusconi, âgé de 50 ans, est marqué par son engagement de jeunesse au sein du parti néo-fasciste Mouvement social italien (MSI). Cependant, il a renié officiellement cette appartenance passée, et il est aujourd'hui membre du parti conservateur Alliance Nationale au sein de la coalition du 'Cavaliere'. La sécurité avant tout et une collaboration accrue avec la France pour le contrôle de l’immigration "Redevenons les maîtres chez nous" a été l’un de ses leitmotiv. Gianni Alemanno a mené une campagne axée sur la sécurité et le contrôle de l'immigration. Plusieurs faits de criminalité survenus au cours des derniers mois, dont le cas d’une femme violée et tuée par un Roumain, ont sans doute joué en sa faveur. Il s’est notamment prononcé dans sa campagne pour l’expulsion de 20.000 immigrés en situation irrégulière ayant eu affaire à la justice. Gianni Alemanno a, par ailleurs, montré son souhait de collaborer avec Paris en matière de lutte contre l'immigration clandestine. Entre les deux tours, il a rencontré, à ce sujet, Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration et de l'Identité Nationale. Le nouveau maire s’est également engagé sur d’autres terrains, notamment l’amélioration des infrastructures et le développement du secteur du tourisme. La gauche romaine, qui l’avait accusé de manipuler l'actualité à des fins électorales, a dit craindre l'arrivée d'une "vague noire" sur l'Italie, une résurgence du fascisme. Unique consolation pour la gauche : avoir conservé la province de Rome. La défaite de Rutelli apparaît également comme un désaveu personnel. Son expérience de deux mandats successifs (entre 1993 et 2001) et le soutien de Walter Weltroni n’auront pas suffit à convaincre les électeurs de lui accorder leur confiance. L’unique consolation pour Walter Weltroni, président du Parti démocrate est d’avoir pu conserver la Province de Rome et d’avoir conquis les villes d’Udine, Vicenze et Sondrio, au nord de l’Italie. Marie Malzac - Sara Fredaigue. (www.lepetitjournal.com - Milan/Rome) mercredi 7 mai 2008
*PDL : Popolo della Libertà (= peuple de la liberté) A lire aussi : "Rome passe à droite", sur le site du Figaro Dossier elezioni 2008, sur le site de La Stampa "Gianni Alemanno gagne Rome en surfant sur l'insécurité", sur le site du Monde
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