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BLANCHE ANIMALE – Le blaireau comme cure de jouvence |
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| Ecrit par Blanche Baudouin,
le 06-05-2008 23:00
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Blanche voit en la mise à mort du blaireau un moyen de rajeunir. Elle remercie la commune de Cluny en Bourgogne d’organiser le championnat de France de déterrage de blaireaux à la mi-mai
Le déterrage de blaireaux : une aide précieuse pour un visage radieux (photo AFP)
Malgré un fichu temps en dents de scie à rendre chèvres les âmes françaises, je me sens autrement mieux depuis que Nicolas Sarkozy a été interrogé par la crème du journalisme télévisuel. Depuis des années en effet, je me sentais vieillir sans trop savoir pourquoi : tandis que j’allais gaie et insouciante, papillonnante parfois, mon corps et mon visage avaient entamé leur longue descente vers la mamysation. Pour retarder ses effets, je m’imposais une sorte de légèreté intellectuelle. Grave erreur ! L’érudition élyséenne vient de m’éclairer. "L’inquiétude est le propre de la jeunesse, a dit le Président. Si on n’est pas inquiet quand on est jeune, quand le sera-t-on ?" Oups la biologique bourde ! Quand je pense que j’ai passé des siècles à refuser de me faire des cheveux de peur de les voir blanchir, voilà que je découvre avec stupeur que j’avais pris les choses à l’envers. Toujours prompte à réagir, j’ai aussitôt changé mon fusil d’épaule en décidant de me faire du mouron dans une volonté affichée de jeunisme. L’inquiétude n’est pas chose aisée. J’ai commencé par trouver affolant le fait que le seul pays où la flamme olympique est passée peinarde et joyeuse soit la Corée du Nord. Mais bon ça m’a tenu à peine 24 heures. Bien insuffisant pour constater les bienfaits du tourment sur mes rides.
On a toujours besoin d’un plus petit que soi Mais voilà que le sort du blaireau est venu à ma rescousse. Depuis que j’ai appris qu’il existe un championnat de France de déterrage de blaireaux, j’ai fait du mustélidé mon nouveau cheval de bataille. Car cette activité sportive assimilée à la chasse est d’une souffrance inouïe pour le blaireau. Tandis que les chiens le maintiennent captif et terrorisé dans son terrier, les hommes creusent une tranchée pour le saisir après plusieurs heures de harcèlement à l’aide de pinces métalliques. Ensuite selon l’humeur, on le zigouille ou le relâche en rigolant. C’est odieux. Je ne savais pas jusqu’ici à quel point le blaireau était important à mon propre équilibre. Mais depuis que la riante bourgade de Cluny en Bourgogne a décidé de maintenir son championnat à la mi-mai, je n’ai cesse de m’inquiéter. Souhaitons que la mise à mort du blaireau ait des vertus rajeunissantes sur mon allant. Blanche BAUDOUIN. (www.lepetitjournal.com) mercredi 7 mai 2008
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