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MEDIAS - La liberté d’expression encore mise à mal

Ecrit par Jonas Mercier, le 07-05-2008 00:00

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Malgré de nets progrès depuis l’élection présidentielle de 2004, la liberté de la presse en Roumanie n’est pas au mieux de sa forme. Les menaces de mort et autres agressions physiques à l’encontre des journalistes ont été nombreuses en 2007

(Photo : dw-world.de)

L’Agence de Surveillance de la Presse (AMP) a rendu lundi son rapport annuel sur la liberté de la presse en Roumanie. Elle y dénonce les nombreuses pressions subies par les journalistes, mais aussi les cas d’agressions physiques ou encore les insultes de plus en plus fréquentes. Mircea Toma, le président de l’AMP, a déclaré à cette occasion qu’en 2007 la liberté d’expression était devenue "plus difficile", alors que la liberté de la presse avait "régressé" par rapport à 2006. Un point de vue partagé par les présidents du Centre pour un Journalisme Indépendant (CJI) et de l’Association des Journalistes de Roumanie (AJR). Dans un contexte plus décontracté, l’AMP a organisé lundi soir une cérémonie pour récompenser les "mauvais éléments" de la liberté d’expression. Le président Traian Basescu a reçu le prix "Poulette, je peux jouer avec ton téléphone ?", en référence à la journaliste de la chaîne Antena 1 que le président avait traitée de "sale tzigane". Ion Tiriac et Ilie Nastase ont également été distingués pour la menace de mort qu’ils ont proféré à l’encontre d’un journaliste du quotidien Evenimentul Zilei. Ce dernier avait écrit un article sur une possible fraude dans la rencontre de Coupe Davis Roumanie-France qui a eu lieu à Sibiu en février dernier.
L’ambiance était à la fête lors de cette soirée, mais le message est bien passé.

Des progrès et des reculs
En 2004, l’arrivée de Traian Basescu et d’un gouvernement démocrate libéral à la tête du pays avait donné un peu d’air à la liberté d’expression. La Roumanie est d’ailleurs remontée de 16 places dans le classement mondial de la liberté de la presse 2007 réalisé par l’organisation non gouvernementale Reporters sans frontières. Le pays occupe désormais la 42ème position, devant les Etats-Unis (48) ou encore la Bulgarie (51). Mais la classe politique semble avoir du mal à accepter une liberté totale d’expression. Exemple : en 2006, le ministère de la Justice, alors dirigé par Monica Macovei, avait proposé une modification du Code pénal, adoptée par le Parlement, éliminant du domaine des infractions "l’insulte, la calomnie et la diffamation portant sur le pays ou la nation". Considérée comme une victoire pour la liberté d’expression par de nombreuses ONG, la Cour constitutionnelle de Roumanie a cependant considéré quelques mois plus tard que cette modification n’était pas "constitutionnelle". Un retour à la case départ dont les médias roumains se seraient bien passés et qui illustre le manque d’ouverture au centre du pouvoir.
Jonas MERCIER. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) mercredi 7 mai 2008

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