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SOCIAL - L’émergence d’une nouvelle classe moyenne |
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| Ecrit par Matthieu Etourneau,
le 07-05-2008 00:00
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Depuis quelques années, au moins 25 millions de personnes ont vu leur situation financière s’améliorer, participant à la naissance d’une fragile mais non moins importante classe moyenne mexicaine. La stabilité économique du pays a en partie permis ce profond changement
L’organisme privé Grupo de Economistas Asociados (GEA) définit qu’une famille de classe moyenne est celle qui gagne entre cinq et quinze fois le salaire minimum soit entre 8.000 pesos et 24.000 pesos mensuel. En 2006, près de 14 millions de foyers mexicains faisaient partie, selon cette classification, de la classe moyenne, soit le double qu’une décennie auparavant. Et, selon les analystes, cette tendance lourde devrait continuer durant les prochaines années. De quoi faire rêver à une nouvelle période de développement stabilisateur comme celle qu'a connue le pays de 1940 à 1970. Cette émergence de la classe moyenne est due à plusieurs puissants leviers, au premier rang desquels la stabilité économique. L’étroit contrôle des prix imposé par les pouvoirs publics et surtout une plus grande accessibilité au crédit ont également joué en faveur de ce changement structurel. Mais le facteur démographique a aussi accentué cette tendance : chaque foyer a moins d’enfants ou de personnes âgées à charge et les femmes sont plus nombreuses à travailler en parallèle de leur rôle de mère de famille. Cette nouvelle classe moyenne est ainsi devenue un véritable moteur de la consommation. La consommation d’automobiles ou de produits électroménagers n’avait jamais été aussi importante dans la République. Le pouvoir d’achat de ces foyers, de plus en plus importante, a fait du Mexique un marché particulièrement attractif pour les entreprises étrangères.
Une classe moyenne toujours fragile Cependant la majorité de ces foyers n’ont pas foi en l’avenir. En effet, beaucoup craignent que l’économie américaine à l’agonie entraîne dans sa chute l’économie mexicaine, fortement dépendante de son puissant voisin. De même, beaucoup restent marqués par les différentes crises économique qu’a connues le pays, accentuant leur incertitude. Et, dans leur volonté de reconnaissance sociale, ces membres de la classe moyenne consomment de plus en plus, notamment des produits de luxe, grâce à l’accès facilité au crédit. Ces dix dernières années, l’octroi de prêt a énormément augmenté. Et les enseignes de grande consommation, telle que Wal-Mart, ont d’ailleurs ouvert leurs propres banques afin de financer leurs propres clients. Ainsi, le futur de cette classe moyenne et avec elle de la société mexicaine demeure incertain : aux pouvoirs publics de faire en sorte que les fruits de la croissance économique bénéficient au plus grand nombre, de manière à intégrer toute les franges de la société. Cela est sans aucun doute le défi de ce début de siècle pour le gouvernement mexicain. Matthieu ETOURNEAU. (www.lepetitjournal.com - Mexique) mercredi 7 mai 2008
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