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Il y a cent-quatre-vingt dix ans, le 1er juillet 1818, naissait à Buda, dans le quartier de Tabán, Ignác Fülöp Semmelweis à qui les jeunes mères doivent une fière chandelle. Il s'intéressa à la fièvre puerpérale qui causait alors de terribles ravages. Il fallut cependant attendre 1880 pour que le streptocoque soit identifié par Louis Pasteur. Depuis asepsie et antibiotiques sont venus à bout de cette grave affection Médecin assistant au service d'obstétrique de l'Hôpital Général de Vienne, il constate que la mortalité est plus importante dans un service tenu par des médecins et des étudiants que dans celui où travaillent sages-femmes et élèves, elle est aussi supérieure à celle des femmes qui accouchent hors de l'hôpital. La mort d'un ami professeur d'anatomie des suites d'une coupure lors d'une dissection, le conforte dans ses déductions. Ses collègues sont scandalisés, d'autant plus que Semmelweis voulait imposer le lavage systématique des mains au chlorure de chaux. Il est chassé de l'hôpital, interdit d'exercer en Hongrie et en Autriche, travaille quelque temps à Venise. En mai 1851, il accepte un poste à la maternité Saint-Roch de Pest, il y reste jusqu'en 1857 et rédige L'Étiologie de la fièvre puerpérale. Plus tard, il est interné dans un asile psychiatrique de Wien Döbling, où il mourut, comble d'ironie, d'une infection le 13 août 1865 ! Entre autres hommages de sa patrie, on remarque l'université de médecine de Budapest Semmelweis Orvostudományi Egyetem. Une thèse qui annonce une œuvre magistrale Louis-Ferdinand Destouches que les questions d'hygiène passionnaient, se penche sur le sort de Semmelweis pour sa thèse de médecine. Une de ses amies dira plus tard "L'histoire de Semmelweis était faite pour lui, il ne goûtait que le désastre". C'est le professeur Brindeau chez qui il avait effectué un stage d'obstétrique et son beau-père le docteur Follet qui lui en suggérèrent le sujet. Cette thèse soutenue le 1° mai 1924 reçut la mention très bien, elle insiste davantage sur le drame de l'homme que sur l'aspect scientifique et se termine par cette réflexion «Quant à Semmelweis, il semble que sa découverte dépassa les forces de son génie. Ce fut peut-être la cause de tous ses malheurs». Quelques mois plus tard, Tiberius de Györi, professeur à l'université de Budapest et éditeur des Œuvres complètes de Semmelweis «notre grand martyr médical hongrois», souligne quelques erreurs ou approximations… Le 25 juin, Destouches en propose un résumé pour la Presse médicale, «Les derniers jours de Semmelweis». Né en 1894, il avait participé à la Première Guerre puis avait été gérant de plantation au Cameroun avant de parcourir la Bretagne pour donner des conférences hygiénistes, il rencontre un professeur de médecine dont il épouse la fille, passe le bac, commence des études de médecine, soutient sa thèse « La vie et l'œuvre de Philippe Ignace Semmelweis». La fondation Rockefeller l'engage et le met à la disposition de la section d'hygiène de la SDN fondée par le Dr. Ludwig Rajchman, lequel sera d'ailleurs en 1946 un des créateurs du Fonds des Nations unies pour l'enfance, l'Unicef. Il s'installe à Genève, effectue plusieurs missions en Afrique et en Amérique. A la fin de son contrat en 1927, il revient en France, exerce dans des dispensaires de Clichy et écrit un roman dont il présentera le manuscrit à plusieurs éditeurs, seul Denoël l'accepte. Le 1er décembre 1932, Voyage au bout de la nuit, qu'il signe du prénom de sa grand-mère maternelle Céline, n'obtient pas le prix Goncourt, plusieurs jurés avaient été fascinés mais décontenancés et lui préfèrent les Loups de Guy Mazeline ! Mais ce prodigieux roman est quand même récompensé le même jour par le Renaudot ! C. DEHALLE (www.lepetitjournal.com - Budapest) mardi 6 mai 2008
Médecin assistant au service d'obstétrique de l'Hôpital Général de Vienne, il constate que la mortalité est plus importante dans un service tenu par des médecins et des étudiants que dans celui où travaillent sages-femmes et élèves, elle est aussi supérieure aussi à celle des femmes qui accouchent hors de l'hôpital. La mort d'un ami professeur d'anatomie des suites d'une coupure lors d'une dissection, le conforte dans ses déductions. Ses collègues sont scandalisés, d'autant plus que Semmelweis voulait imposer le lavage systématique des mains au chlorure de chaux. Il est chassé de l'hôpital, interdit d'exercer en Hongrie et en Autriche, travaille quelque temps à Venise. En mai 1851, il accepte un poste à la maternité Saint-Roch de Pest, il y reste jusqu'en 1857 et rédige L'Étiologie de la fièvre puerpérale. Plus tard, il est interné dans un asile psychiatrique de Wien Döbling, où il mourut, comble d'ironie, d'une infection le 13 août 1865 ! Entre autres hommages de sa patrie, on remarque l'université de médecine de Budapest Semmelweis Orvostudományi Egyetem. |