Une croissance ralentie et une inflation préoccupante : les prévisions économiques de la commission européenne pour la période 2008/2009 ne sont guère encourageantes, ni pour l’ensemble de l’UE, ni pour la Grèce. Eclairage
Suite aux révélations du rapport de la Commission européenne, la Grèce pourrait bien perdre de sa crédibilité (Photo d'un euro grec en vente sur Ebay)
Rappelez vous. Décembre 2004. Pour la première, et unique fois dans l’histoire de l’Union Européenne, une lettre de mise en demeure était envoyée à un état membre - la Grèce - pour infraction au pacte de stabilité économique auxquel sont contraints tous les états de la zone euro. La Grèce présentait en effet en 2004 un déficit budgétaire supérieur à 3% de son P.I.B, ce que le pacte interdit. Mais ce qui a déclenché la procédure de mise en infraction était alors moins l’infraction en elle même que la tentative de l’état grec de masquer le dit déficit en faussant les statistiques nationales livrées à l’organisme européen de statistiques, Eurostat. Une tentative malheureuse qui a stigmatisé la Grèce et qui a entraîné une réforme significative d’Eurostat, accordant – entre autres- à cet organisme le droit de contrôler directement les comptes des Etats. Un épisode douloureux qui aurait dû entraîner une plus grande rigueur statistique de la part de la Grèce. Et voila qu’à l’occasion de la livraison du rapport de printemps de la commission européenne, tout semble recommencer.
Prévisions, polémique et risques La commission européenne prévoit pour le pays un déficit public représentant au moins 2,8% du PIB. Mais la Grèce évoque quant à elle un déficit de l’ordre de 1,7% du PIB. Un écart significatif qui alarme à nouveau l’Europe. Eurostat précise ainsi dans un communiqué qu'en plus du déficit public, il est en train de clarifier avec les autorités statistiques grecques certaines questions relatives à l'enregistrement des subventions de l'UE en 2006 et 2007 ou encore à l'existence d'un écart statistique substantiel de 0,6% du PIB en 2007. Il n’en fallait pas plus pour que le débat s’enflamme en Grèce. Le responsable du PASOK pour l'Economie, Louka Katseli, a été le premier à réagir en soutenant que "la politique économique du gouvernement a provoqué une sérieuse déviation budgétaire. La dette publique, en 2007, est de 2 milliards d'euros supérieure à ce que tablait le gouvernement dans le budget", mettant en cause des "dépenses cachées". "Par conséquent, le vrai déficit budgétaire doit être majoré en conséquence. Selon nos propres estimations, il dépasse la ligne rouge de 3% du PIB", a-t’il conclu. Le risque pour la Grèce serait une nouvelle perte de crédibilité sur la scène européenne. A l’heure même où l’urgence économique est à la diversification des investissements et dans le rétablissement de la balance commerciale qui reste structurellement déficitaire. Le pacte de stabilité européen a ses détracteurs et son manque de flexibilité agace plus d’un état membre (la France en a subi la rigueur il y a à peine 2 ans). Et la tentation est grande de vouloir faire coïncider les statistiques nationales avec les taux limites que le pacte exige. Tant qu’il sera la norme, on peut donc s’attendre à de nouveaux débats houleux sur le sujet. Adea GUILLOT. (www.lepetitjournal.com/athenes.html) mardi 6 mai 2008 Pour voir le rapport complet de la commission, cliquer ici |