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MAI 68 - Le discours du président Sarkozy sur la table de mai 68 |
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dimanche 04 mai 2008 |
Même en Argentine, Nicolas Sarkozy fait parler de lui. A l'occasion de
la série de conférences sur Mai 68 organisée au salon du livre, le
discours tenu l'an dernier par le président sur l'évènement a agité
philosophes et historiens
"Liquider" l'héritage de mai 68. A l’occasion du quarantième anniversaire de mai 68, les mots prononcés l’an dernier par le président français, à propos de cet événement clé de l’histoire, sont encore dans toutes les têtes. "Les héritiers de mai 68 avaient imposé l'idée que tout se valait, qu'il n'y avait aucune différence entre le bien et le mal, entre le vrai et le faux, ils avaient cherché à faire croire que l'élève valait le maître, que la victime comptait moins que le délinquant". Barbara Cassin, philosophe française invitée au salon du livre de Buenos Aires, dans le cadre des conférences sur mai 68, ouvre le débat par la lecture de ce passage du discours de Sarkozy. La philosophe française s’emporte, avec émotion, contre les accusations du président qui désigne les héritiers de mai 68 comme coupables de l’ébranlement des valeurs morales et de la hiérarchie. L'ancienne soixantuitarde conteste le discours de Sarkozy. Si elle admet que mai 68 a remis en cause le système bipolaire du bien et du mal du vrai et du faux, c'est pour l'améliorer. "On ne fait pas passer quelqu'un de mauvais à quelqu'un de bon mais à un état meilleur. C'est ainsi que moi j'ai compris le rapport d'autorité autant dans la vie que dans la politique". Philippe Artières, historien français, appréhende mai 68 d’une autre manière : "Moi à la différence de Barbara je suis de la génération d'après, j'ai tout raté". Il se sent pourtant très concerné par mai 68. "Le discours du président m'a touché parce que c'était l'archéologie de moi même que j'entreprenais à travers mon travail d'historien". Selon lui, le plus important dans mai 68, c'est la mise en lumière du quidam, une présence collective d'anonymes comme acteurs de l'histoire. Mai 68 a toujours été la bête noire de la droite. Danielle Tartakowsky, historienne, rappelle que paradoxalement les mouvements sociaux n’ont pas réactivé mai 68 alors que la droite a davantage mobilisé l’évènement, en le diabolisant. L’intervention de Sarkozy aura eu au moins un mérite. Sonia Combes, elle aussi historienne, remercie le président de nous avoir obliger à repenser cet évènement. Un évènement ou le passé a été remis en cause et interrogé sans tabou. Jusqu’a faire d’une France idéalement résistante un pays de collabo. La droite, encore aujourd’hui, préfère se rappeler la journée du 30 mai, marqué par le retour à l’autorité du général de gaulle, ou 800.000 personnes se sont mobilisées contre le mouvement social. Un an plus tard, suite au non du referendum sur la création des régions, Charles de Gaulle, affaibli par mai 68 démissionne. Mai 68 a vraiment fait changer les choses. Karine ROCAMORA. (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) lundi 5 mai 2008
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