| Ecrit par Margot REIS,
le 26-05-2008 01:00
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Au milieu d’un paysage de pelouses, de cheminées fumantes et de docks, les trois halles en brique rouge du musée de l’émigration attirent les regards. C’est à cet endroit qu’a commencé l’aventure du "Nouveau Monde" Du port de Hambourg vers l'Amérique (photo. ©BallinStadt)
Cuba, le Mexique, les Antilles, et bien sûr les États-Unis : autant de destinations desservies au début du siècle par les bateaux d’émigration de la Hapag, la compagnie navale hambourgeoise, parfois plusieurs fois par semaine. Jusqu’à la fin des années 1920, le transit bat son plein. Au total, plus de cinq millions de personnes ont émigré via Hambourg, soit plus de deux fois la population de la ville aujourd’hui.
D’Albert Ballin à BallinStadt A la fin du 19ème siècle, la ville hanséatique avait pourtant mauvaise réputation auprès des émigrants. Albert Ballin, directeur de la Hapag, lui-même fils d’immigrés juifs danois, va alors conjuguer esprit d’entreprise et œuvre de bienfaisance. A partir de 1901, neuf halles-dortoirs voient le jour sous la direction de l’armateur sur l’île de Veddel, en face de Hambourg. Le nouvel hébergement conçu par la Hapag, moderne et bon marché, permet de remplacer des anciens dortoirs devenues insalubres et des pensions en ville souvent douteuses. A Veddel, les résidents temporaires disposent de lieux de culte et même d’une cantine kascher. Avec de la mise en service de gros paquebots, les migrants séjournent sur place puis sont transportés par train ou répartis sur plusieurs bateaux jusqu’à Cuxhaven, où a lieu le véritable départ vers l’inconnu. Profil d'émigrant (photo. ©BallinStadt)
Un voyage vers l’inconnu Le musée de l’émigration d’aujourd’hui se trouve dans la reproduction à l’identique de trois des halles construites par Albert Ballin. Dès la première salle, des mannequins en costumes historiques présentent sept profils d’émigrants classiques : exilés politiques, paysans pauvres ou encore ouvriers fuyant la crise économique des années 1930. Parmi les voyageurs ayant transité via Hambourg se trouvaient également beaucoup de Juifs d’Europe, fuyant les pogroms russes des années 1880 puis le national-socialisme dans les années 1930. Une deuxième partie de la visite de BallinStadt retrace le destin des immigrants une fois arrivés à bon port : le passage en bateau devant la Statue de la Liberté, les contrôles de santé avant l’arrivée sur le territoire, puis les premiers pas de l’intégration. Le visiteur attentif apprendra avec surprise au cours de l’exposition que les symboles américains que sont les jeans, le ketchup et les corn flakes sont des inventions d’immigrés allemands aux États-Unis. Une attention particulière est portée aux plus jeunes, qui pourront tester le confort des couchettes des bateaux d’émigration ou manipuler des jouets de l’époque. Seule ombre au tableau, le prix du billet d’entrée à BallinStadt, qui reste relativement élevé. L’investissement reste amorti par la qualité de l’exposition sur une partie méconnue de l’histoire de la ville. En plus de l’exposition interactive et ludique, les curieux pourront aussi fouiner dans la plateforme généalogique du musée, qui possède les listes de tous les passagers ayant émigré via Hambourg, mais aussi par d’autres grands ports européens comme Brême, le Havre ou Angleterre : qui sait s’il n’y trouvera pas un "oncle d’Amérique" ! Margot REIS. (www.lepetitjournal.com/hambourg.html) lundi 26 mai 2008
Y aller : BallinStadt Veddeler Bogen 2, 20539 Hambourg S-Bahn 3 / S-Bahn 31, Arrêt Veddel www.ballinstadt.com Ouvert du lundi au dimanche de 10h à 18h Tarifs : 9,80 € TP / 8,50 €TR / 6,50 € pour les enfants de 4 à 12 ans
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