| Ecrit par A.C.,
le 04-05-2008 23:00
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L’augmentation de la demande de déplacements est récente à Phnom Penh, elle n’a pas encore atteint un volume mettant en cause les infrastructures existantes. Néanmoins, la Municipalité de Phnom Penh a depuis quelques années entrepris de rénover les rues de la ville, pour des raisons de sécurité (passage des ambulances et camions citernes) et d’hygiène (canalisations) Travaux de voirie (Crédit: C.A.)
Dans ses programmes de réfection de la voirie, la municipalité de Phnom Penh a mis en place un modèle novateur de partenariat entre l’Etat et les citoyens : l’Etat prend en charge 50% du coût, les 50% restants devant être financés par les riverains eux-mêmes. "En cinq ans, nous avons déjà rénové 110 rues et impliqué près de 220.000 Phnom Penhois" se félicite SE Trac Thai Sieng, Vice-Gouverneur de Phnom Penh en charge des travaux publics et des transports, de 1999 à 2007. "C’est un processus lent et coûteux mais efficace. C’est un très bon exercice de concertation entre l’administration et les administrés autour d’un projet concret commun". Vers la concertation sociale Mobilisant deux vice-gouverneurs de la municipalité, la concertation exige souvent plus de six rencontres entre les chefs de district et leurs administrés, et elle ne se fait pas toujours sans heurt. "Les trente années de guerre ont rendu les gens méfiants et peu communicatifs, il nous faut rétablir la culture de l’intérêt public et urbain par des projets communs" explique SE Trac Thai Sieng. "Ce modèle permet de mettre en place une démocratie naturelle. Les plus riches payent à la place des plus pauvres, sans passer par l’impôt". Dans les quartiers les plus pauvres et les plus insalubres, les riverains ne participent qu’à concurrence de 20% mais ils doivent quand même cotiser. "C’est une façon de les responsabiliser et d’assurer la paix sociale. Nous n’avons pas besoin de faire intervenir les forces publiques pour faire reculer les clôtures afin d’élargir les rues. Les riverains ont eux-mêmes participé au financement de la rue, ils ont donc tout intérêt à coopérer". Et la Municipalité n’entend pas en rester là. "Ces cinq années de conciliation nous ont préparés pour une grande ville urbaine et moderne" explique SE Trac Thai Sieng. "Plusieurs gouvernements africains s’inspirent de notre modèle. Nous sommes aussi volontaires pour transmettre ce savoir-faire à d’autres villes dans les provinces du Cambodge". Aurélie COLLADON. (www.lepetitjournal.com - Cambodge) lundi 5 mai 2008
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