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Après avoir lancé l'appel à la grève du 6 avril, l'opposition politique sur Internet se poursuit, et appelle à une nouvelle grève le 4 mai. Malgré la répression du gouvernement, ces militants virtuels s'imposent comme une force d'opposition nouvelle, agissant hors des partis

Affiche du groupe sur FacebookSur le site 6-avril.com, le logo principal a changé : deux mains brisent un mur, et appellent à une grève le 4 mai, jour des 80 ans d'Hosni Mubarak. Sur Facebook, le groupe "6 Avril – grève générale du peuple égyptien" rassemble plus de 73.000 membres. "Nous ne sommes pas un parti politique ; nous ne cherchons pas à prendre la pouvoir", peut-on lire sur la page d'accueil. Les revendications sont claires : salaire minimum, lutte contre la hausse des prix, libération des prisonniers d'opinion. D'autres groupes Facebook, ainsi que de nombreux bloggers égyptiens, ont largement relayé les appels à la grève puis à la libération des prisonniers. Répression du gouvernement Le gouvernement, déjà dénoncé par les défenseurs des droits de l'homme pour la répression des cyberdissidents, a procédé à de nombreuses arrestations. La créatrice du groupe Facebook, Esraa Abdel Fattah, vient d'être libérée le 23 avril, après plus de 15 jours de détention dans la prison Kanater, à 25 km du Caire. Son arrestation a entraîné une vague de soutien importante. Mohammed Al Sharkawi, un autre blogger ayant soutenu le mouvement des juges en 2005, a été arrêté le 5 avril alors qu'il distribuait des tracts. Sa maison d'édition Malameh a fait l'objet d'une perquisition le 15 avril, visant l'interdiction d'un nouveau roman. Esraa et Mohammed sont loin d'être isolés : environ 300 personnes ont été arrêtées peu après la grève, principalement des ouvriers de Mahala ou des membres du mouvement Kifeyah. Partis et syndicats dépassés Cette mobilisation sur Internet semble spontanée. Les Frères Musulmans n'avaient pas soutenu la grève du 6 avril, celle-ci intervenant quelques jours avant les élections municipales. Kifeyah avait tenté en vain de la politiser à son avantage, mais n'en était pas du tout l'instigateur. Le groupe Facebook se présente comme indépendant, et les partis semblent s'être laissés dépasser. En cas de mouvement de grande ampleur, difficile de prévoir comment partis et militants indépendants parviendront à s'organiser. Entre l'usine de Mahala, Kifeyah et ces appels à la grève, on assiste donc simultanément à trois mouvements distincts, auxquels s'ajoutent les revendications des médecins, professeurs, fonctionnaires, etc. Mis en difficulté, le gouvernement joue la carte de la répression au profit de l'ordre social. On peut s'attendre à ce que la fin de l'état d'urgence, prévu le 27 mai, se traduise par des mesures encore plus drastiques. Elsa FOUCRAUT. (www.lepetitjournal.com – Le Caire – Alexandrie) mercredi 30 avril 2008 En savoir plus : www.6-april.com http://www.facebook.com/group.php?gid=9973986703 |