| Ecrit par Betty RUBY,
le 26-10-2005 23:00
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Mortelle saison pour les personnages de nos histoires : d’abord Shirley Horn et Folon, puis Arman, et enfin Rosa Parks ont quitté la scène, presque simultanément. À leur manière, ces héros des temps modernes ont tous marqué leur époque
Folon a été enterré lundi à Monaco en présence du Prince Albert. (Photo : AFP)
Jeudi dernier, le jazz américain a perdu une voix : la chanteuse et pianiste Shirley Horn, découverte par Miles Davis, est décédée des suites d’un diabète à 71 ans. Ce 20 octobre disparaissait aussi le dessinateur Folon ce qui a conduit Libération à produire un de ses fameux titres : Feu Folon. Rendu célèbre dans les années 70 par le générique d’Antenne 2, où des personnages en chapeau et manteau s’envolaient angéliquement, Jean-Michel Folon est mort à 71 ans d’une leucémie, à Monaco. D’origine belge, il avait commencé sa carrière aux Etats-Unis en signant des dessins dans le Time ou le New Yorker. Un coup de crayon tendre et enfantin baignait son travail d’une lumière paisible adéquatement puisée dans l’aquarelle. Mais le poète a aussi œuvré dans des illustrations, gravures et sculptures, grâce auxquelles de prestigieux établissements l’ont exposé dans le monde entier. Pour autant, même s’il incarnait en France une certaine idée de la douceur, Folon était moins connu qu’Arman qui l’a suivi de deux jours dans la mort.
Arman devant L'heure de tous, gare Saint Lazare, en juillet 1985. (Photo : AFP)
Le sculpteur franco-américain est décédé aussi d’un cancer, le 22 octobre à New York, à 76 ans. L’homme des accumulations et des empilements a marqué le monde de l’art en détournant et comprimant des objets manufacturés. On doit à ce Niçois les empilements de montres et de valises sur le parvis de la gare Saint-Lazare à Paris (1985), l’accumulation de chars et de canons dans du béton sur la place des Martyrs à Beyrouth (1995) ou encore l’entassement de 120 fourchettes devant le restaurant Trois Gros de Roanne (1992). Dans les années 60, comme chef de file des Nouveaux réalistes (qui regroupait César, Niki de Saint-Phalle, Gérard Deschamps, Jean Tinguely ou Yves Klein), Arman a nettement pris position pour un art en prise directe avec le réel, opposé au lyrisme de la peinture abstraite de cette époque. Mais il était aussi réputé pour son côté fort de café et ses redoutables colères…
Rosa Parks : pionnière de la défense des droits des Noirs américains. (Photo : AFP)
Ce n’est pas un héritage artistique que laissera Rosa Parks, mais l’histoire si stupéfiante aujourd’hui, d’une femme modeste qui, pour avoir refusé de céder sa place à un Blanc dans un bus de Montgomery (Alabama), a été arrêtée et condamnée à payer une amende de 14 dollars. Même si elle a donné lieu à un film splendide (Mississippi Burning, Alan Parker, 1989 ), l’histoire s’est réellement passée aux USA, il y a juste 50 ans. Bien plus qu’une anecdote cependant, puisqu’elle a déclenché le mouvement des droits civiques qui a abouti à l'interdiction de la discrimination des Noirs (Civil Rights Act, 1964). Symbole féminin à la fois de la lutte pour l’égalité raciale et de la désobiéssance civile, Rosa Parks s’est éteinte mardi à 92 ans. Pour avoir été, un jour, fatiguée de céder, elle a rendu sa vie historique. Triste semaine. B.R (LPJ) 27 octobre 2005
En savoir plus Le Monde, Shirley Horn, chanteuse et pianiste de jazz américaine Libération, Feu Folon Le Figaro, Arman, une vie entre séductions et colères Le Monde, Rosa Parks, la "mère" du mouvement des droits civiques
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