Inaugurée au Musée National de Varsovie par les présidents Lech Kaczyński et Viktor Iouchtchenko, l’exposition Ukraina światu, présente pour la première fois à l’étranger une large sélection de la collection Platar. Une collection privée unique, issue d'importantes acquisitions d'origines inconnues réalisées par deux mécènes
Pendentif en or en forme d’un mouton du Pamir IV siècle av J.C. (Photo Musée national de Varsovie)
L’exposition est composée de plus de 500 objets datant des périodes du VIe siècle avant J.C. jusqu'au XIIe siècle après J.C. Des œuvres de toute beauté qui ponctuent l’histoire de l’Ukraine. Depuis la culture Cucuteni-Tripolie en passant par les œuvres des Cimmériens, des Scythes, des Sarmates, des Grecs, des Romains, des Byzantins jusqu’à l’Etat Rus’de Kiev. Il y a des vases caractéristiques de la culture tripolienne, des représentations de lieux de vie et de temples, d’objets d’utilisation courante des Cimmériens, des figurines grecques en terre cuite et des vases romains richement décorés. Et enfin les très beaux joyaux exécutés avec maestria par des artistes et orfèvres ukrainiens. La collection privée a été constituée par deux hommes d’affaires Ukrainiens, Sergei Platonow et Sergei Taruta, d’où le nom Platar. En 10 ans, ils ont rassemblé plusieurs milliers d’objets. Ils affirment avoir agi par pur mécénat pour conserver et présenter au public les trésors de l’Ukraine.
Une très belle collection mais privée de son intérêt historique
Figurine en argile, femme culture Tripolienne 3650- 3500 av J.C. (Photo Musée national de Varsovie)
La plupart de ces acquisitions proviennent du marché parallèle d’œuvres d’art et ont donc été achetées de manière illicite. Le professeur Witold Dobrowolski, le commissaire de l’exposition, souligne que les propriétaires ne s’en cachent pas et qu’ils l’ont fait par patriotisme. Cette opinion n’est pas partagée par tout le monde. Maxime Levada, un archéologue ukrainien rétorque que l’archéologie amateur a pris en Ukraine une ampleur inquiétante. Les nouveaux riches étant à la recherche d’investissements sûrs et valorisants, ils achètent des bijoux anciens, des décorations, des objets subtilisés au cours de fouilles archéologiques dans des tombeaux ou des ruines antiques qui atteignent sur le marché noir des sommes astronomiques. Ce trafic a également des effets collatéraux ; les voleurs ne conservent que les articles ayant une valeur marchande et se débarrassent de documents précieux invendables qui ont un intérêt historique considérable. Magdalena Maczyńska de l’Université de Łódz ajoute que les objets de la collection Platar étant de provenances inconnues, n’ont malheureusement qu’une valeur esthétique, sortis de leurs contextes, ces objets ne disent rien ni sur leurs propriétaires, ni sur l’époque et l’endroit où ils ont été trouvés. Cette très belle exposition mérite néanmoins le détour. J.R. (www.lepetitjournal.com - Varsovie) mardi 29 avril 2008
Musée National de Varsovie. Al. Jerozolimskie 3 www.mnw.art.pl Ukraina światu. Jusqu’au 29 juin 2008. Ouvert du mardi au vendredi de 10 h à 16 h, et de 10h à 18h le samedi et le dimanche. Fermé le 1er mai, ouvert le 2 mai de 10h à 16h.