| Ecrit par Frédéric Guitton,
le 28-04-2008 23:00
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Plus qu’un simple documentaire, le film Les Seigneurs de la Mer révèle les pratiques scandaleuses de la pêche au requin en Amérique Centrale. En dévoilant ce massacre, le réalisateur veut alerter l’opinion publique et mettre fin à un commerce d’ailerons en plein essor En Amérique Centrale, ces squales subissent une extermination sans précédent, victimes d’un marché lucratif d’ailerons
Le message de Rob Stewart est clair comme de l’eau de source : les requins sont des seigneurs de la mer, pas des "saigneurs". En consacrant tout un documentaire à ces poissons plus redoutés que redoutables, ce jeune Canadien de 28 ans veut prouver que les requins ne sont pas ces squales sans pitié qui ont fait l’affiche et le suspense des Dents de la Mer. Car dans le film de Rob Stewart en salle depuis le début du mois, le rôle des prédateurs sanguinaires n’est pas interprété par les requins, mais bien par les pêcheurs asiatiques, qui mènent actuellement un véritable massacre sur les côtes de l’Amérique Centrale. Les requins sont en effet recherchés pour leurs ailerons, qui procureraient force et vitalité selon des légendes locales. Cuisiné en soupe, ce met est devenu de plus en plus populaire en Asie, et profite à un commerce très lucratif. Un seul aileron se négocie entre 300 et 500 euros ! Malgré l’interdiction de cette pêche meurtrière depuis 2003, le massacre continue. Une fois l’aileron prélevé, les requins sont remis à l’eau où ils agonisent lentement avant de mourir vidés de leur sang. Ces images, Rob Stewart n’hésite pas à les montrer dans son film, en parallèle à des séquences sous-marine magnifiques, où le réalisateur n’hésite pas à s’exposer aux côtés de requins pour prouver leur inoffensivité. Un film rythmé de poursuites et de menaces "Les requins ne sont responsables que de cinq décès chaque année, moins que les tigres et les éléphants", affirme le biologiste et photographe sous-marin de profession. Rob Stewart ne comprend pas que le requin ne soit pas davantage protégé. "100 millions de requins sont tués chaque année s’insurge-t-il. Dans 5 ou 10 ans, de nombreuses espèces auront disparu". Alors pour secouer les esprits, le Canadien se lance dans le tournage de ce film en 2002. "J'ai passé des milliers d'heures sous l'eau avec des requins et je n'ai jamais été attaqué" confie le jeune réalisateur, qui a rencontré son premier squale à 9 ans. Mais si les requins ont été coopératifs durant le tournage, ce ne fut pas le cas des pêcheurs de la région qui l’ont menacé et accusé de meurtre. Le documentaire est ainsi parsemé de séquences vidéo surprenantes où le réalisateur se fait à la fois poursuivre par les braconniers et par la justice costaricaine, transformant le documentaire en film à suspense. Trempé d’un style mi-Cousteau mi-Spielberg, ce film nous plonge dans les eaux troubles d’un massacre écologique qui ne pourra pas laisser indifférent le spectateur. Frédéric GUITTON. (www.lepetitjournal.com) mardi 29 avril 2008 En savoir plus : Allociné - La bande annonce Le Figaro - Un film choc pour dénoncer le massacre des requins
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