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Après avoir converti le théâtre de la ville en véritable "volcan balkanique" comme le décrivait ce dimanche la Jornada, l’excentrique Goran Bregovic enflammera le Zocalo le 27 avril, à 18h, à l’occasion de la clôture du festival de la ville de Mexico
Goran avec son orchestre des mariages et enterrements (photo: FCH)
"L’union de Tanatos et Eros", "un concert donnant sens à l’existence entière", "un rituel orgiaque", "prodigieux", "une musique ethnique, profondément ethnique, armée de technologie" : les mots sont forts pour décrire ce qui est né lors des deux concerts qu’a donné Goran Bregovic le 18 et 19 avril dernier. Sa musique, prenant racines dans les balkans, mélange les sonorités d’une fanfare tzigane et les polyphonies traditionnelles de Bulgarie. C’est aussi la rencontre d’une guitare, de percussions traditionnelles aux accents rock, d’un orchestre à cordes aux rythmes endiablés et d’un chœur d’hommes et de femmes. La musique de Bregovic, à laquelle notre corps a du mal à résister, est à l’image de son compositeur, magique, et sait trouver un écho en chacun de nous.
Un musicien hors pair Le légendaire guitarriste et interprète Goran Bregovic (photo: FCH)
Né à Sarajevo d’une mère serbe et d’un père croate, ce musicien de génie monte ses premiers groupes à seize ans. "Le rock tenait à l'époque un rôle capital dans notre vie. C'était la seule possibilité que nous avions de faire entendre notre voix, d'exprimer publiquement notre mécontentement sans risquer de nous retrouver en taule, enfin presque...". A la fin des années 1980 Bregovic décide d’abandonner sa carrière éreintante de "rock star" pour une collaboration fructueuse avec le producteur Emir Kusturica, notamment dans les films le temps des gitans, underground ou Arizona dream. Sa carrière musicale s’est construite au travers de rencontres et a su acquérir un caractère universel. Conjugaison de rythmes des différentes latitudes, un seul mot d’ordre est permis: le plaisir, voire la jouissance musicale. L’énorme succès de ses concerts à la tête de son orchestre pour les mariages et funérailles montre que la jeune rock-star locale des années 70-80 est devenue aujourd’hui un compositeur mûr à succès international. La collaboration entre l’orchestre de Oaxaca et l’ensemble musical de Goran Bregovic, tous deux nés en des lieux porteurs d’une douloureuse histoire sociale, rassemble tous les ingrédients pour faire de ce spectacle une délicieuse et non moins extravagante expérience musicale. Maelle DANIAUD. (www.lepetitjournal.com - Mexico) jeudi 24 avril 2008
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