| Ecrit par SANTIAGO,
le 22-04-2008 23:00
|
|
Le verdict est tombé vendredi : la pilule du lendemain est retirée de la distribution des services publics. Les premières ripostes ont lieu. Hier se tenait une manifestation devant la Moneda à Santiago pour dénoncer cette décision .
Le mois dernier, 36 députés de droite ont réclamés un vote pour la suppression de la pilule du lendemain. Pour quelle raison ? Son effet abortif ; selon le principe « du droit à la vie inscrit dans la constitution » (constitution datant de la dictature) et défendu avec ferveur par l’Eglise catholique au Chili. Face à cette requête de la part de la droite, la décision a été renvoyée devant le Tribunal Constitutionnel, la plus haute instance du pays. Elle s’est prononcée favorable vendredi dernier, bien que de nombreux détracteurs soulignent les doutes sur l’indépendance morale de certains juges. Une décision autoritaire Dans une société démocratique et laïque, économiquement dynamique et avec une femme au pouvoir, le retrait de la pilule du lendemain des services publics, et pas du circuit des pharmacies interroge. D’autant que les scientifiques se sont évertués à démontrer qu’il n’existait pas à ce jour d’études prouvant formellement l’ effet abortif de la pilule du lendemain. Cette contraception d’urgence est légale depuis seulement 6 ans au Chili et en septembre 2006, Michelle Bachelet avait réussi à faire passer un décret qui permettait aux jeunes filles de 14 ans de se voir délivrer cette pilule sans autorisation préalable des parents. Depuis vendredi nous avons assisté à un retour en arrière. Déjà les organismes de santé s’inquiètent : dans un pays où l’avortement même thérapeutique est interdit, le nombre d’avortement clandestin risque augmenter. De plus , on peut craindre le développement d’un « marché noir » des anticontraceptifs d’urgence dont on ne pourra garantir la qualité et l’efficacité. Par ailleurs, le dialogue avec un corps médical spécialisé se perd au dépens de la prévention. Les femmes les plus pauvres sont , évidemment ,les plus touchées par cette mesure. Depuis hier matin, les voix dissidentes se font entendre. La ministre de la santé, Maria Soledad Barría a affirmé que si le gouvernement n’est pas mesure de suggérer aux municipalités quoi faire, ces dernières ont la liberté de délivrer gratuitement la pilule du lendemain dans leurs services publics ou non… une troisième voie qui s’ouvre ? Lola Sorrenti (www.lepetitjournal.com Santiago) mercredi 23 avril 2008
|