5000 personnes ont protesté mardi à Kruszwica, pour contester la prochaine mise en service d’une mine de lignite à Tomisławice. D’après les manifestants, l’exploitation minière modifierait l’écosystème du Parc du Millénaire
Les eaux pompées pour l'exploitation minière seront rejetées dans le lac Gopło. Photo N.P.T.
La Compagnie Minière de Konin souhaite démarrer l’exploitation à ciel ouvert d’une mine de lignite près du village de Tomisławice (Cujavie). Pour l’investisseur, cette mise en service est vitale et permettra de compenser la fermeture de 2 autres unités en 2009. Le ministre de l’Environnement a délivré à la compagnie une autorisation de concession le 6 février dernier, se fiant à l’étude d’impact réalisée par des experts commandités par l’investisseur. Le lignite est une source d’énergie fossile, une roche sédimentaire intermédiaire entre la tourbe et la houille. Son extraction s’opère à ciel ouvert en creusant avec des énormes pelleteuses de profondes excavations asséchées au préalable. Ces pompages appauvrissent la nappe phréatique dans un rayon important tout autour de la mine, les eaux étant rejetées dans les cours d’eaux avoisinants. Les excavations sont comblées au fur et à mesure modifiant d’une façon importante le paysage. Le lignite est utilisée pour produire de l’électricité dans des centrales. C’est la source d’énergie la plus économique mais pas la moins polluante, sa combustion rejette une quantité importante de CO2 dans l’atmosphère. La Pologne est le 6e producteur mondial de lignite et n’utilise pratiquement que des énergies fossiles pour sa production d’électricité.
La mine près d’un Parc paysager, une réserve naturelle classée Natura 2000 Le village de Tomisławice se trouve près du lac Gopło un des berceaux historiques des Polanes, une tribu slave fixée dans la région au VIIIe siècle. C’est également à cet endroit que se situe le Parc Paysager du Millénaire (Nadgoplański Park Tysiąclecia, N.P.T.) qui ceinture le lac où nichent et vivent des espèces protégées d’oiseaux qui font le bonheur des ornithologues et des amateurs de faune et de flore sauvage. Ce site est classé dans le programme européen Natura 2000. Les habitants de la région, les scientifiques de l’Université de Poznań, les écologistes redoutent l’impact de la mise en service de la mine sur cet environnement d’exception. Ils donnent comme exemple les dommages causés par la mine de lignite de Kleczew, près du lac Ostrowski où l'épuisement progressif de la nappe phréatique a fait dépérir massivement les chênes des alentours. La compagnie assure que les eaux pompées seront rejetées dans la rivière Noteć et le lac Gopło, compensant ainsi la baisse des eaux de la nappe phréatique. Le Docteur Kopczyk de l’Institut de Biologie de l’Université de Poznań s’insurge contre cet argument. Pour lui et ses collègues, compenser des dommages dans un milieu naturel, qui est le fruit d’une évolution naturelle millénaire est une fiction. Les manifestants demandent au Premier ministre Donald Tusk, la suspension de la mise en service et la réalisation d’une nouvelle expertise impartiale. J.R. (www.lepetitjournal.com - Varsovie) mercredi 23 avril 2008