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Dimanche, 2,4 millions de Berlinois sont appelés à se prononcer sur le sort de l'aéroport de BerlinTempelhof. Un référendum qui se transforme en affrontement SPD-CDU Tempelhof, un aéroport cher au cœur des Berlinois (photo. ICAT-Kampagnen-Team)
Depuis des semaines la campagne fait rage dans les rues berlinoises. De Neukölln à Mitte, pas un coin de rue, pas une place sans les affiches "Ja" ou "Nein" au maintien de Tempelhof, l'aéroport historique de Berlin, construit sous le régime nazi, celui du pont aérien pendant le blocus de Berlin Ouest. "Je ne paye pas pour un aéroport de VIP", lance cet ouvrier casqué sur l'affiche des "Nein". "Parlez avec votre cœur pas avec celui de ceux qui vous gouvernent", peut-on lire sur les panneaux des "Ja" dont certains ont même été rédigés en turc. "L'aéroport de Tempelhof complète et déleste le trafic de l'aéroport Berlin-Brandenburg International. Le Sénat de Berlin est sommé de renoncer immédiatement à sa décision de fermeture et de suspendre l'annulation de l'autorisation d'exploitation. Tempelhof doit rester un aéroport en service ! Approuvez-vous cette résolution ?". Telle est la question posée aux 2,4 millions de Berlinois concernés dimanche 27 avril. Elle a été rédigée par l'ICAT (Interessengemeinschaft City Airport Tempelhof) l'association à l'origine de la pétition contre la fermeture de Tempelhof. Ce référendum dit d’initiative populaire est le premier dans l’histoire de Berlin.
Salles vides à Tempelhof (photo. ICAT-Kampagnen-Team) Un référendum pour rien? Pourtant, son résultat pourrait bien ne rien changer au sort de l’aéroport. Dans la loi constitutionnelle, rien n’oblige le Sénat de Berlin à revenir sur sa décision de fermer Tempelhof au 31 octobre 2008. Le "oui" pourrait cependant mettre Klaus Wowereit, le maire de Berlin, dans une position inconfortable. "Il lui sera impossible de continuer avec son gouvernement contre la volonté d'une majorité de Berlinois", estime Malte Pereira, porte-parole de l'ICAT. Faut-il encore que les Berlinois se mobilisent. Le résultat de dimanche ne sera validé que si 611 000 d’entre eux y prennent part.
Une campagne très politique Pour beaucoup cette bataille ne se résume qu'à un duel politique entre la majorité de gauche de Berlin qui fait campagne pour le Nein et l'opposition CDU-FLP qui soutient ouvertement l’ICAT. "Ce référendum n'est pas une question d'être pour ou contre la fermeture, mais avec le SPD ou avec la CDU", s'énerve un Berlinois qui hésite à se rendre aux urnes. La semaine dernière Klaus Wowereit, a même lancé un appel à Angela Merkel pour qu'elle s'immisce dans le débat, tant la campagne prenait un tour politique bien au-delà des limites berlinoises. Dans une interview au BZ la chancelière a précisé que cet aéroport représentait "pour beaucoup et pour moi personnellement, avec le pont aérien, un symbole de l’histoire de cette ville".
Un seul grand aéroport Quelle que soit la réponse des Berlinois, le Sénat envisage toujours de créer un seul et unique grand aéroport à Schönefeld, le BBI (Berlin Brandenburg International) qui devrait être opérationnel dès 2012 et dont les travaux ont commencé il y a deux ans. Après Tempelhof ce sera au tour de Tegel de s'arrêter à l’horizon 2009. Stéphanie PICHON. (www.lepetitjournal.com/berlin.html) jeudi 24 avril 2008 Le référendum du 27 avril est réservé aux Berlinois de nationalité allemande. Pas de vote donc pour les ressortissants français de Berlin. {mxc} |