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SOCIAL – Les sans-papiers entrent en occupation |
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| Ecrit par Adeline Bourg,
le 22-04-2008 00:00
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Des centaines d’étrangers en situation irrégulière occupent depuis plus d’une semaine différentes entreprises de la capitale. Ces travailleurs de l’ombre, soutenus par la CGT, Droit Devant ! et leur patron réclament leur régularisation
Ils sont vingt. Vingt travailleurs sans-papiers fraîchement licenciés et unis contre ce qui leur semble être une injustice. Depuis hier, ces ex-salariés de Metal Couleur et Paris Store occupent le magasin asiatique de Choisy-le-Roi. Suite à un contrôle, ces travailleurs sans-papiers ont été licenciés pour faute grave, ce qui équivaut dans le droit français, à l’annulation des indemnités de licenciement et surtout, à celle des allocations chômage. Ces salariés se retrouvent donc sans aucune ressource. Avec espoir et détermination, ils réclament aujourd’hui leur régularisation et leur réintégration dans leurs entreprises respectives. "On cotise à la Sécu, on paie des impôts et aujourd'hui, on a droit à rien" s'est emporté Hamidou, ancien salarié de Paris Store, en se confiant à l'AFP. Ces vingt travailleurs, originaires pour la plupart d’Afrique de l’Ouest, rejoignent ainsi le mouvement de grève illimité qui secoue le monde du tourisme français depuis le 15 avril. A cette date, 300 salariés étrangers en situation irrégulière, soutenus par la CGT et l’association Droits Devant !, ont bloqué 200 entreprises franciliennes. Et depuis ce week-end, 530 grévistes, tous secteurs confondus, demandent au gouvernement une régularisation pour avoir le droit de travailler.
Les patrons en soutien L’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (l’UMIH) a réclamé la semaine dernière la régularisation de 100.000 sans-papiers qui représentent 2 ou 3 % de la masse salariale dans le secteur de la restauration. Leur licenciement suite à des contrôles serait une grande perte pour la profession et au-delà, pour l’économie du tourisme en France. Voilà pourquoi les syndicats patronaux se sont joints aux mouvements de gauche, rompant avec les traditions de luttes sociales françaises. Certains restaurants occupés de la capitale sont témoins de scènes peu communes : les patrons expliquent le bien fondé de l’action de la CGT aux clients énervés -et affamés ! Devant le front uni patrons et salariés sans-papiers, le gouvernement va-t-il céder ? Hier le ministre du Travail Xavier Bertrand, conformément à la volonté de Nicolas Sarkozy, a réaffirmé son refus d’une régularisation collective, et préconise le cas par cas, comme le prévoit la loi du 20 novembre 2007 sur les "métiers en tension". Si cette loi est appliquée, cela pourrait prendre plusieurs mois : en France, on estime entre 200.000 et 400.000 le nombre d’étrangers en situation irrégulière. Cette solution qui met toute une profession au bord de la crise n’est donc pas acceptable. En attendant, le mouvement des sans-papiers s’amplifie de jours en jours. Adeline BOURG. (www.lepetitjournal.com) mardi 22 avril 2008
En savoir plus Ouest-France - Le soutien aux travailleurs sans-papiers s’amplifie Challenges - L'Umih réclame la régularisation de 100.000 sans-papiers Le Figaro - La grève des salariés sans papiers fait tâche d’huile Le Parisien - Les sans papiers s’invitent dans un restaurant chic de Neuilly
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