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La CDU et les Verts ont conclu leur contrat de coalition pour la prochaine législature au Land de Hambourg. Un succès inédit qui donne des idées aux politiques des deux partis au niveau fédéral Le lit de l'Elbe sera approfondi, malgré le refus initial des Verts, qui gouvernent désormais avec la CDU (photo LPJ)
Après un contrat de mariage difficile, ils ont fini par échanger leurs consentements. Ole von Beust (CDU) et Christa Goetsch (Verts) affichent depuis la signature du contrat de coalition entre leurs partis à Hambourg, jeudi dernier, des sourires ravis, malgré les "couleuvres" avalées des deux côtés. Pour la première fois en Allemagne, les Verts vont gouverner avec les chrétiens-démocrates au niveau régional. Les négociations, longues, ont finalement abouti grâce au compromis trouvé sur les deux principaux points de divergence : en échange de l’approfondissement du lit de l’Elbe, qui devra permettre aux méga-porte-conteneurs d’atteindre le port industriel, les Verts ont obtenu de convertir le projet de centrale à charbon en centrale à gaz. Un fonds de compensation pour les dégâts causés à l’environnement sera créé, et doté de 40 millions d’euros. Les Verts ont par ailleurs obtenu des réformes du système scolaire, notamment la suppression des droits de scolarité pour la dernière année de Kita et la Vorschule, introduits en 2005 par la CDU. Un nouveau chapitre de la culture politique allemande ? Le rapprochement inédit entre les chrétiens-démocrates et les Verts n’en finit pas de susciter des commentaires dans la presse et dans le monde politique. S’agit-il d’un précédent porteur de nouvelles potentialités politiques ou d’un mariage forcé à haut risque ? Certains observateurs se demandent à quel point chacun des partis a cédé sur le compromis par rapport à sa propre culture politique. Le quotidien Bild Zeitung parle déjà de "Öko" von Beust tant il estime que le chef de la CDU s’est mis au "Vert". Kurt Beck a pour sa part fortement critiqué le parti écologiste pour avoir renoncé à la suppression des droits de scolarité universitaires, "sacrifiés pour le pouvoir". Selon le contrat de coalition, ces droits sont maintenus, mais devront être payés à la fin de la scolarité. Renate Künast, chef du groupe parlementaire des Verts au Parlement, estime au contraire que la coalition de Hambourg doit servir d’exemple : "Ce que le gouvernement régional projette à Hambourg est meilleur que ce que le SPD fait actuellement au niveau fédéral", a-t-elle déclaré au Tagesspiegel. Un avis partagé par le ministre-président du Bade-Wurtemberg Günther Oettinger (CDU). L’opinion semble en tout cas approuver la combinaison Noir-Vert : près d’un Allemand sur deux trouve le rapprochement positif (49%), contre seulement 28% d'avis négatifs. Cécile BOUTELET. (www.lepetitjournal.com/berlin.html) mardi 22 avril 2008 |