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Pour la première fois dans l'histoire de l’après-guerre, aucun parti se rattachant au fascisme ou au communisme n'est entré au parlement. La fête de la Libération, devrait donc être un jour d'unité nationale, sans vainqueurs ni vaincus. Pourtant, le 25 avril ne fait toujours pas l'unanimité Monument de la mémoire de San Donato Milanese, place de la mairie (Photo MM)
Le caractère conflictuel des fêtes nationales en Italie ne date pas d'hier. Déjà sous la monarchie, les 50 ans de l'Etat en 1911 avaient provoqué de fortes oppositions. Après la Grande Guerre, le 4 novembre* est devenu lui aussi une date à problème. A la chute du fascisme, et avec l'installation rapide de la guerre froide, l'opposition entre communistes et anticommunistes est restée forte en Italie. Chaque 25 avril a été une occasion de véritable "guerre des mémoires" selon Il Sole 24 Ore. Aujourd’hui, des conflits demeurent, qui font douter d'une véritable mémoire historique commune à tous les Italiens. Ainsi par exemple, le maire d'Alghero a décidé que la fanfare ne jouerait pas le "Bella Ciao" le 25 avril. Pour la première fois, le maire de Milan ne sera pas présent aux commémorations. En 2006, en pleine campagne pour la mairie, Letizia Moratti avait participé à la manifestation en poussant le fauteuil roulant de son père, ancien résistant. Elle avait dû quitter le défilé sous les hués. En 2007, terminant son discours par "Vive la Résistance !", elle avait encore été sifflée, mais aussi embrassé par le communiste Fausto Bertinotti.
Des héros contestés Ce sont les circonstances de la fin du conflit qui créent encore aujourd'hui la polémique. Ainsi, pendant et après le mouvement de libération de Milan, les résistants se sont rendus coupables de quelques dizaines de milliers d'exécutions, parfois sommaires ou à la suite de procès expéditifs. La peur de l'impunité réservée aux dirigeants fascistes, l’accumulation de rancoeurs ou encore la crainte de représailles judiciaires à leur encontre peuvent expliquer ces actes de justices sommaires, qui ne sont cependant pas justifiables. Le journaliste et historien Giampaolo Pansa a publié ces dernières années trois livres sur le thème, arguant que la vérité aurait été cachée par les vainqueurs. Beaucoup l'ont accusé de souiller la mémoire de la résistance. Son grand succès médiatique et éditorial prouve que le débat n'est toujours pas clôt. Corentine GASQUET et Marie MALZAC. (www.lepetitjournal.com - Milan) jeudi 24 avril 2008
* Fin de la première guerre mondiale et véritable achèvement de l'unité italienne
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Chronologie 1922 - Mussolini marche sur Rome pour s'emparer du pouvoir par les urnes, profitant de l'instabilité gouvernementale et obtenant jusqu'à l'accord du Roi 1925 - Discours de Mussolini à la chambre, qui a instauré le régime fasciste 1940 - Après une période de non participation au conflit mondial, l'Italie déclare la guerre à la France et à la Grande-Bretagne 4 juin 1942 - Le Partito d'Azione s'est constitué dans la clandestinité : de là naîtra le mouvement partisan 24 juillet 1943 - Motion de censure votée à l'encontre de Mussolini, appelé à renoncer à ses pouvoirs, puis arrestation après une rencontre avec le Roi 8 septembre 1943 - Armistice entre le nouveau gouvernement, mené par Badoglio, et les Alliés. Quelques jours plus tard, libération de Mussolini par les Allemands : dès son retour en Italie, il a instauré un nouveau gouvernement de la République sociale Avril 1945 - Peu après le transfert de son gouvernement à Milan, le lendemain de la libération de la ville, Mussolini a dû fuir vers Côme, habillé comme un soldat allemand, mais a été rapidement capturé par les partisans le fusillent après un rapide procès, ainsi que sa compagne et d'autres chefs fascistes. 2 juin 1946 - Victoire de la République par référendum et abolition de la monarchie. Bien que le 25 avril soit plus commémoré, la fête nationale est le 2 juin. |