|
En visite surprise à Budapest pour la promotion d'Ensemble c'est tout, distribué en Hongrie à l'occasion des journées du film français, Audrey Tautou et le producteur exécutif Pierre Grünstein ont donné une conférence de presse vendredi dernier. Occasion pour LPJ de leur poser quelques questions la fameuse « Amélie » et son producteur sur le pont de la péniche Columbus. Photo (franciafilmnapok)
LPJ – Pierre Grünstein, pouvez-vous nous dire quelles pourraient être les raisons qui feraient revenir les grosses productions de cinéma françaises en Hongrie aujourd'hui? P.G – Il est vrai que pendant une période, les productions françaises et américaines venaient ici en masse pour le tournage. Maintenant ce sont plutôt la Roumanie et la Bulgarie qui sont en vogue, et on parle même de l'Albanie pour les années à venir. Personnellement, je recherche les bons techniciens et les aventures humaines sympathiques. Entre nous, sans être chauvin, je préfère faire travailler les talents français lorsque c'est possible. Alors si je viens tourner en Hongrie ce sera pour la Hongrie, et sans démagogie aucune, je choisis d'aller à l'étranger principalement pour des raisons artistiques, pas seulement pour l'intérêt économique. LPJ – Audrey Tautou, quelles sont les raisons qui vous font accepter ou refuser un rôle? A.T – De fait je n'ai pas vraiment de critères pour orienter mes choix, si ce n'est le plaisir, l'envie de travailler sur un scénario et bien sûr l'intérêt que je porte à un réalisateur. Lorsque l'on me propose quelque chose de nouveau, je n'ai pas d'a priori, je regarde et si ça me plaît, j'accepte. J'ai tourné dans beaucoup de films très différents, donc je ne me mets dans aucune catégorie de cinéma. Pour moi, peu importe le genre, c'est l'expérience entre les hommes et ce dont parle le film qui compte. Par conséquent, je ne me donne pas non plus de plan de carrière, je prends les choses comme elles viennent. Je crois finalement que je suis plus spectatrice qu'actrice de ma propre carrière. LPJ – Comment appréhendez-vous la célébrité et où vous situez-vous dans le panorama des vedettes françaises? A.T – Je suis plutôt quelqu'un de pudique, un peu comme beaucoup des personnages que j'ai incarnés au cinéma, comme Paulette d'Ensemble c'est tout par exemple. Ma vie privée est plutôt calme et je peux dire qu'en France nous n'avons pas trop de problèmes de respect à ce sujet. Cependant, j'ai toujours été un peu surprise de ma popularité, même si je fais un peu partie des meubles maintenant ! Donc mon rapport avec les légendes du cinéma français est partagé. Je reste admirative, je sais que je n'en fais pas partie, mais en même temps j'ai déjà l'impression d'être une vieille tout en étant consciente de mon succès. LPJ – Depuis Amélie Poulain, il arrive encore, par exemple ici en Hongrie, que l'on vous confonde avec le personnage. Cependant vous avez de nombreux autres films à votre actif, y compris un énorme succès aux Etats-Unis. Comment comprenez-vous cela? A.T. - A propos d'Amélie Poulain, il est clair que c'est à la fois la chose dont je suis la plus fière et celle qui m'a ouvert toutes les portes, même celles d'Hollywood. J'étais très heureuse de travailler là-bas sur Da Vinci Code, mais de là à y passer ma vie, ce n'est pas mon truc. Après, concernant la confusion avec Amélie dans l'esprit des gens, je trouve que c'est normal. Le succès a fait qu'ils pensent à cela lorsqu'ils me voient. D'ailleurs à titre anecdotique, sachez qu'il a existé une Amélie Tautou, c'était ma grand-mère. LPJ – Enfin à quoi vous attendez-vous sur le tournage de Coco Chanel actuellement en préparation? A.T – Si tout va bien, je serai sur le tournage de Coco en septembre prochain. Donc, pour les détails du rôle, je suis encore dans l'expectative et je n'ai encore rien travaillé. Je suis juste heureuse de jouer la jeune Coco et non celle qui est plus âgée. Par exemple, j'ai félicité Marion Cotillard pour sa performance dans La Môme, mais à sa place je n'aurais pas pu supporter quatre heures de maquillage par jour. LPJ - Pierre Grünstein enfin, en tant que producteur d'Ensemble c'est tout et de Le Scaphandre et le Papillon qui sont destinés à deux publics bien distincts, comment appréciez-vous la différence entre les deux? P.G - Les deux films ont des budgets disons moyens. Ceci dit l'efficacité financière d'Ensemble c'est tout est indéniable : basé sur un roman traduit dans 14 langues, réalisé par Claude Berri et avec des vedettes comme Audrey ou Guillaume Canet à l'affiche, il a fait 2 300 000 entrées seulement dans l'hexagone, et TF1 est déjà sur le coup. Le Scaphandre et le Papillon, lui, a aussi sa plus-value, mais différemment. Son coût était moindre et son réalisateur Julien Schnabel était plus connu comme peintre que comme cinéaste. Du coup sans promotion, le film n'a fait que 300 000 entrées en France, mais il a été vu partout dans le monde et très apprécié des critiques. Après, cela reste le style de New-York, pas d'Hollywood. Propos recueillis par François Gaillard (www.lepetitjournal.com - Budapest) lundi 21 avril 2008
(1) Ensemble c'est tout, digne d'un slogan électoral, représentait l'exportation du cinéma commercial au sein des journées du film français qui viennent de prendre fin. Il était d'ailleurs à l'honneur lors de la cérémonie d'ouverture jeudi dernier.
|