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Johanne nous livre, aujourd'hui, sa vue et son expérience des taxis alexandrins. Elle nous délivrera son avis, chaque vendredi, sur un des secrets qu'elle a su découvrir en Egypte, notre terre d'accueil. "Prendre le taxi en Egypte, c'est en soi déjà une excursion touristique" Prendre le taxi en Egypte, c'est en soi déjà une excursion touristique. La nuit, on ne le voit pas : le taxi allume rarement ses phares, que ce soit pour des raisons écologiques d'économie d'énergie (j'ai un gros doute sur ce point), ou parce qu'ils sont en panne depuis longtemps. C'est donc lui qui va se dessiner lentement dans le noir et donner un petit coup de klaxon pour alerter le client potentiel. En tant qu'Européenne, donc réputée riche et n'aimant pas se fatiguer, j'ai droit à de nombreux coups de klaxon. Au début, ça m'énervait, je me sentais obligée de répondre que non, je ne voulais pas de taxi. Maintenant, je ne les entends même plus.
Ici, les taxis sont tous pareils : - jaune et noir - compteur bloqué (le compteur est un élément décoratif qui sert essentiellement à accrocher des petits corans, peluches, chapelets...) - coffre minuscule et encombré (d'eau pour le moteur, de plumeaux pour la poussière...). Chaque fois que je reviens de l'aéroport, le taxi a l'air de découvrir avec effarement que, oui, j'ai des bagages, et on se retrouve avec les sacs sur les genoux ou sur la galerie, attachés avec un bout de ficelle... - musique à fond - fenêtres grandes ouvertes, même en hiver (je me suis jusque-là plutôt enrhumée en rentrant en Egypte) - et brinquebalants, bien qu'en général assez propres. Les chauffeurs de taxis sont pauvres, et c'est un métier facile à exercer dès que quelqu'un vous loue ou prête une voiture. Il n'y a pas de numerus clausus. Ils sont innombrables, et bienvenus dans une ville où bus et métro sont insuffisants. Pas de stations de taxis : ils circulent en permanence. Vous pouvez reposer votre question ? Par ailleurs, c'est vrai que je ne le prends jamais seule : la réputation d'intégrité de cette catégorie professionnelle n'est pas au plus haut... Les taxis sont réputés pour leur mauvaise éducation, de façon excessive, d'ailleurs, ceux que j'ai vus étaient plutôt corrects. Mais certains sont curieux, et cherchent à s'instruire, témoin cette question d'un chauffeur à Magdy (il était devant, moi sur le siège arrière) : - "C'est vrai qu'en Europe les hommes prêtent leur femme à tout le monde ?" Lui, il a perdu son pourboire, ce jour-là... Mais ils sont souvent aussi extrêmement gentils, ça c'est une caractéristique égyptienne. Ayez : un bébé, un enfant, mal au pied, etc. et on vous aide vraiment. Côté design La décoration intérieure du véhicule peut atteindre au chef-d'oeuvre. C'est surtout la nuit qu'on voit certaines oeuvres d'art, habitacle entièrement éclairé d'un bleu néon (le genre de lumière qu'ont les appareils à tuer les mouches chez les bouchers), avec décorations, objets plastiques ou métalliques très colorés, découpés, étamés, et des "fannous", les petites lanternes cuivrées qu'on trouve partout au ramadan, lampions remplis de lumières bleues, vertes ou rouges. C'est vrai... pourquoi avoir des phares? Jo. (www.lepetitjournal.com – Alexandrie) vendredi 25 avril 2008 |