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Lorsque les Droits de l’homme sont bafoués en Egypte, c’est souvent la police elle-même qui est mise en cause. Livres et films qui évoquent ce fléau qui sert de menace mais qui est de plus en plus dénoncé, se succèdent (photo Baa Thalis)
La police : un sujet créatif pour des œuvres réalistes Arrestations arbitraires, actes de torture… Les exemples ne manquent pas et sont dénoncés par bien des citoyens, partis de l’opposition, les organisations luttant en faveur des Droits de l’homme, ainsi que les artistes et intellectuels : Hena Maysara, un film réalisé par Khaled Youssef, sorti il y a peu dans les salles égyptiennes, montre une scène de torture (des femmes pendues par les bras recevant des décharges électriques dans le corps, spectacle sordide donné devant leurs propres maris et fils) ; Heya Fawda plus connu sous le titre de Chao, co-réalisé par K. Youssef et Youssef Chahine, exploite aussi l’exaspération de la société sous l’angle de la répression. Le roman Best Seller, l’immeuble Yacoubian (Alaa El-Aswany, chez Acte Sud) met également en scène des maltraitances : Le jeune Taha, fils du concierge, est arrêté lors d’une manifestation étudiante, puis torturé et violé. Conseils anti-tabassage Chose plus rare, un ex-policier Egyptien a écrit un livre sur les abus commis par la police de son pays, intitulé Pour éviter de te faire tabasser par la police. Il s’agit de conseils donnés aux citoyens afin de ne pas être violenté. Selon deux quotidiens, NAHDET MISR et AL-DOSTOUR du 12 et du 13 avril, l’auteur, reconvertit en avocat, vient de gagner les États-Unis après avoir fait l'objet d'intimidations de la part de la sécurité nationale. 5.000 exemplaires auraient été vendus avant que la police n’intervienne, notamment chez le célèbre éditeur Madbouli. Le modèle Abu Ghraib Une idée née d’une volonté toute différente mena en janvier 2006 deux policiers à filmer à l’aide de leur téléphone portable, dans un commissariat du quartier de Boulaq une scène de torture qu’ils ont eux-mêmes perpétrée. Puis ils ont décidé de montrer la vidéo dans le quartier. Ils n’avaient pas prévu que ces images pourraient leur échapper, et ce sont retrouvés sur Internet, sur le site de Wael Abbas, un habitué de la diffusion de ce que le gouvernement tente de cacher aux Egyptiens. Marie GIROD. (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) mercredi 23 avril 2008 |