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La troupe avant-gardiste Teatro Sanitario de Operaciones a présenté vendredi dernier son nouvel opéra, Piedad, au Centro Cultural Recoleta. Une tragédie épique inspirée de La Pietá, la fameuse sculpture de Michel-Ange, mêlant dramaturgie et haute voltige, musique électronique et voix de solistes
Personnification de La Pietá de Michel-Ange. (Photo : Courtoisie presse Duché & Zarate)
Depuis vendredi dernier, pour le spectacle Piedad, la salle Villa Villa du Centro Cultural Recoleta est un immense cube noir, vide et sombre : sans sièges, sans scène. Il n’y a que quelques tentures contre les murs et des échafaudages pour soutenir des spots, des écrans de télé, des projecteurs et des cordages. Les spectateurs y circulent librement, choisissant leur place au milieu de l’action imaginée par l'avant-gardiste troupe Teatro Sanitario de Operaciones , ou en retrait.
Soudain l’éclairage désigne un homme, en costume sombre et chapeau de ville qui fume, implacide, debout sur un cube. Par sa seule présence, tel un mage, il transforme les spectateurs en intervenants de l’action, en foule. Une foule curieuse, fureteuse, inquisitrice qui s’agglutine autour de lui au rythme techno le plus tribal.
Sa cigarette s’éteint, le silence se fait. La musique reprend, des draps blancs tombent du ciel, les acteurs déferlent. Hommes et femmes vêtus des mêmes longues jupes, chemises blanches et turbans blancs s’affairent avec des draps, blancs eux aussi. Les acteurs, harnachés, suspendus, ne cesseront plus de dégringoler, de voler à travers la salle. Des rideaux, des filets, des sangles, des cordages ne cesseront eux non plus d’apparaître et de disparaître.
Un sacré coup de jeune pour un argument vieux de plus de deux siècles !
Quique López, co-auteur et directeur de Piedad insiste sur le fait que son œuvre ne reprend pas l’histoire biblique de Jésus Christ et de la Vierge Marie qui a inspiré La Pietá, la célèbre sculpture de Michel-Ange. Pour lui, il s’agit de l’histoire imaginaire d’une lavandière et de son fils. Et pourtant, le long cheminement de Jésus est bien là, dans la longue descente du fil depuis le haut du mur, vêtu d’un complet sombre et coiffé d’un chapeau d’homme, qui récite son texte anarchique, entre poésie et musique, jusqu’à se transformer en martyr. Il, ou plutôt elle, car il s’agit d’une femme, subira le calvaire de la croix jusqu’à reposer, morte, entre les bras de sa mère, pour générer une Pietá suppliante en chair et en os. Percutant.
Maire-Anne DUPORTAIL. (LPJ) 24 octobre 2005 Piedad
Un spectacle du groupe Teatro Sanitario de Operaciones
Centro Cultural Recoleta
Junín 1930
Tél : 4803-1040
Du jeudi au dimanche à 21h
Entrée : 20 pesos
Assister avec des chaussures et des vêtements confortables |