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DIPLOMATIE – Le ministre des Affaires Etrangères : un super VRP au service de l’économie grecque |
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lundi 28 avril 2008 |
Le ministre des Affaires étrangères (AE), Dora Bakoyannis, a présenté le bilan de "la diplomatie économique". Une manière décomplexée d’évoquer la fonction de ministre des AE qui se rapproche désormais plus de celle d’un super VPR en charge d’exporter la "marque" Grèce
Dora Bakoyiannis en deplacement (Photo Dimitris Demopoulos)C’est une évolution inévitable et qui touche l’ensemble des nations. Les ministres des Affaires Etrangères se vivent moins comme "la voix de la Grèce" ou la "voix de la France" mais bien plus désormais comme les super représentants des entreprises nationales souhaitant s’implanter à l’étranger. Globalisation et interpénétration des économies oblige, la fonction a donc évolué et ce n’est pas Dora Bakoyannis qui s’en défend. Lors d’une conférence de presse mi-avril consacrée à ce sujet, la ministre des AE grecque s’est de manière tout à fait directe exprimée sur les enjeux de cette diplomatie économique qui devrait bénéficier cette année d’efforts budgétaires supplémentaires. Mme Bakoyannis a rappelé qu’en 2007, pour la première fois, des fonds spéciaux avaient été dégagés du budget pour des nouvelles actions de la diplomatie économique. "La Grèce, a-t-elle exposé, dispose de 58 bureaux d’affaires économiques et commerciales dans 87 pays et 148 ambassades, consulats généraux et bureaux de liaison. Et il est possible aujourd’hui, à partir de fonds supplémentaires, de développer les bureaux des affaires économiques et commerciales". Le but de Dora Bakoyannis et du gouvernement ND actuellement au pouvoir est de développer les activités d’affaires. "La compétitivité et l’extraversion sont les deux moyens pour les sociétés grecques de réussir davantage sur les marchés à l’étranger", a ainsi affirmé Mme Bakoyannis, relevant que le ministère s’est doté d’un plan stratégique global et rappelant, à preuve de l’importance qu’attache le gouvernement, les missions d’affaires en 2008 en Turquie, en Syrie, en Egypte et pour la première fois en Algérie, avec à l’avenir les marchés, tels que la Chine, le monde arabe, la Russie.
Réactions Interrogé sur ces objectifs, le président de la Fédération des Industries du Nord de la Grèce (SBBE), Georges Mylonas, attend de "voir se réaliser en pratique la décision du ministère des AE afin que les diplomates aient comme mission première de soutenir - en ayant les connaissances idoines- les intérêts des sociétés grecques à l’étranger", insistant bien sur le fait qu’il ne sera pas considéré comme "exagéré" que les diplomates "agissent comme s’ils étaient eux-mêmes les représentants des sociétés grecques, et de cette manière puissent promouvoir les intérêts de la Grèce à l’étranger". Le président de la Fédération des exportateurs du Nord de la Grèce (SEBE), Vassilis Thomaidis, a quant à lui présenté des propositions concrètes à propos de la diplomatie économique, citant entre autres le développement des exportations vers les pays tiers, la formation de cadres, la contribution du ministère pour supprimer les obstacles des marchés étrangers aux produits grecs et la promotion de l’image de la Grèce avec des programmes de marketing régional. On peut donc s’attendre à une multiplication de ces voyages officiels offrant l’image d’une ministre accompagnée d’un cheptel de chefs d’entreprises grecs. Une image en passe de devenir la nouvelle norme internationale de tout voyage de chef d’état. Adéa GUILLOT. (www.lepetitjournal/athenes.html) mardi 29 avril 2008 |