| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 17-04-2008 23:00
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Vingt ans après sa mort, Pierre Desproges est toujours LA référence humoristique. Tout Desproges, le pavé consacré à son œuvre hors norme s’est vendu à 25.000 exemplaires en un mois. Ce recueil retrace la carrière d’un homme qui a fait grincer la France… de rire Il y a 20 ans, jour pour jour, Pierre Desproges décédait d’un cancer du poumon, alors qu’il se disait contre… C’était ça Desproges : un humour glorifiant la dérision, pince-sans-rire, parfois totalement absurde, à l’image de son émission culte, La minute nécessaire de M. Cyclopède. Entre 1980 et 1982, il a divisé la France entre "les imbéciles qui aiment et les imbéciles qui n'aiment pas." Le téléspectateur découvrait alors, effaré, "comment vieillir sans déranger les jeunes" ou "comment ne pas sombrer dans l'antinazisme primaire"… Etonnant, non ? Détonnant surtout, a été le parcours de ce comique hors norme. Né à Pantin en 1939, Desproges a d’abord été VRP puis pronostiqueur hippique. Au début des années 70, il a débuté au journal anti-conformiste L’Aurore. Il y a décroché une chronique dans laquelle il commentait l’actualité sur un ton très caustique : succès immédiat. Jacques Martin a fini par le repérer pour l’intégrer à l’équipe du Petit rapporteur en 1975. En instable qu’il était, Desproges n’y a tenu que 6 mois.
Pitre de l’élite Volontairement renfrogné mais sourire en coin, Desproges laissait place à un grain de folie. En procureur pourfendeur de la médiocrité, il a dégommé tout ce qui bouge dans le Tribunal des flagrants délires (1980), sur France Inter, après sa rencontre avec Thierry Le Luron, ou dans ses Chroniques de la haine ordinaire (1986). Ses ouvrages comme Le manuel de savoir-vivre à l'usage des rustres et des malpolis ou Le dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des biens nantis ont été autant d’occasions de détourner les codes avec une ironie mordante. Desproges était aussi un concentré d’érudition, dont les textes ciselés ont rendu hommage au français. Avec lui le cynisme et la misanthropie relevaient de l’art. Car même après 200 représentations de son premier one-man-show en 1984, puis un second en 1987, il disait préférer plaire à quelques personnes qui le comprenaient, plutôt qu’à des millions de gens à qui il n’avait rien à dire. Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) vendredi 18 avril 2008 Tout Desproges (Seuil), 1.450 pages, 38 € (Avec un DVD d'une 1/2 heure, composé d’interviews et d’extraits de spectacle). Sorti en France le 13 mars. En savoir plus Pierre Desproges en citations Le Vif.be - Pierre Desproges, comique intemporel Metro - Desprogeant, non ?
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