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Les élections législatives ont réservé quelques surprises : une victoire aussi large pour Berlusconi, l’absence de communistes au Parlement, la montée en puissance de la Ligue du Nord… Le tout sous l’œil critique de la stampa italienne et de la presse française Un kiosque milanais (photo LPJ)
Silvio Berlusconi est le grand vainqueur des élections italiennes 2008. Chronique d'une victoire annoncée, certes, mais pas avec une telle netteté, du moins en ce qui concernait les sièges du Sénat. Il Corriere della sera, plus gros tirage italien, soulignait mardi qu'une telle avance "dépasse toutes les prévisions", malgré le fait que durant la campagne, "une des plus ennuyeuses de ces dernières années", le favori n'ait "promis aucun miracle ni aucune solution indolore". Le Figaro souligne aussi cet aspect, rappelant que le Cavaliere s'est offert de "porter la croix du gouvernement" et de sortir le pays de la crise au prix de "sacrifices" de la part des Italiens. Les raisons d'un tel succès ? Le poids trop lourd à porter pour le PD de la législature Prodi (le Corriere : pose la question : "Qui a perdu, Veltroni ou Prodi ?"), les difficultés de la gauche à recueillir les voix du centre, et l'identification (du moins partielle) du peuple italien au personnage Berlusconi. Ainsi, pour Libération, qui reprend les analyses de plusieurs observateurs, il incarnerait ce sentiment diffus "d'antiétatisme, de nationalisme, de contournement des règles, d'affichage de la réussite". "L'inusable Berlusconi séduit toujours les Italiens" titrait Le Figaro.
Bipartisme et extrémisme ? Autre fait marquant : seuls six partis parviennent à faire leur entrée au Parlement, dont un seul hors coalition, l'UDC de Pierferdinando Casini : un véritable record ! Aucun communiste ne siègera : c'est pour la Stampa une "défaite historique". Même si la presse française dans son ensemble ne semble pas se faire trop d'illusions sur la capacité de Berlusconi à réformer son pays, elle se réjouit toutefois que l'électorat ait choisi d'entériner le bipartisme, qui pourrait être la base d'une vraie "rénovation politique et institutionnelle". Quant à l'excellent score de la Ligue du Nord, membre de la coalition gagnante, seule véritable surprise du scrutin, il demeure pour beaucoup un point d'interrogation. Pour le Corriere, il est le symbole de la victoire de l'anti-politique. L'AFP l’a qualifiée "d'allié encombrant" pour Berlusconi. Mais la presse française se limitant aux clichés (parfois avérés, mais toujours réducteurs) agace Alberto Toscano, correspondant à Paris pour la revue italienne Panorama. Dans une interview à l'Express, il a déclaré : "les médias français sont beaucoup trop légers lorsqu’ils parlent de Berlusconi". Marie MALZAC. (www.lepetitjournal.com - Milan) jeudi 17 avril 2008
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