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RESEAU DIPLOMATIQUE – Les effets du manque de moyens |
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| Ecrit par Sénat,
le 15-04-2008 23:00
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Monique Cerisier-Ben Guiga observe les nouvelles manières de gérer
l’Italie suite à la transformation du consulat de Turin en consulat à
gestion simplifiée. La Sénatrice donne son sentiment sur la difficulté
du MAE à assumer ses fonctions diplomatiques, consulaires et culturelles - Une interview en partenariat avec www.expatries.senat.fr
"La France commet une erreur fondamentale en diminuant ses capacités
d'action extérieure en pleine mondialisation" condamne Monique Cerisier-Ben Guiga (photo Sénat)
Vous rentrez d'Italie. Quelle raison vous y a conduite ? Je voulais voir comment le consulat de Milan avait absorbé le surcroît de travail dû à la transformation du consulat de Turin en consulat à gestion simplifiée. De fait, 10.000 Français de plus dépendent désormais du consulat de Milan, qui s'ajoutent aux 20.000 que ce poste avait à gérer, soit une augmentation de 50%. Le transfert s'est très bien déroulé grâce à notre excellent consul qui a fait tous les travaux nécessaires d'adaptation des locaux et qui dispose d'une très bonne équipe, mais cela fonctionne à flux tendu. En revanche, à Naples où le consul doit à la fois gérer un consulat à gestion simplifiée - avec toutes les tâches afférentes d'une antenne de chancellerie diplomatique - et diriger l'Institut culturel, les choses sont plus compliquées. Il me semble que la diversité des fonctions à remplir avec l'aide d'une équipe très restreinte et un budget de fonctionnement dérisoire est excessive. Quelles que soient les qualités éminentes de ce diplomate, comment faire à la fois rayonner la culture française, établir les indispensables contacts avec les autorités politiques et rédiger des notes sur la situation locale qui est dense et complexe. (…)
Vous n’êtes pas très optimiste sur l’avenir du réseau ? L'avenir du ministère des Affaires étrangères me préoccupe beaucoup car la préparation du livre blanc est court-circuitée par la Révision générale des politiques publiques (RGPP). L'objectif est de réduire les moyens du ministère pour en rendre le fonctionnement encore moins onéreux en supprimant 450 à 500 agents d'ici 2011 - alors qu'il en a déjà perdu 1 000 au cours des dernières années - plutôt que de déployer une vraie stratégie de reconfiguration du réseau. (…)
Que préconisez-vous ? Il ne faut pas maintenir de postes sans moyens. La France commet une erreur fondamentale en diminuant ses capacités d'action extérieure - que cette action soit diplomatique, culturelle ou consulaire - en pleine mondialisation. En 1965, alors que le PNB de la France correspondait au tiers du PNB actuel, nous arrivions à dégager des moyens pour déployer 30 000 coopérants en Afrique et avoir des centres culturels et des Alliances françaises réellement soutenus partout. Je ne dis pas qu'il n'y avait pas de gâchis. Mais cela correspondait à un choix politique d'influence. La réduction des crédits, et les économies qu'on peut en attendre, dans un ministère qui représente 0,7% du budget de l'Etat, y compris l'aide publique au développement, c'est l'épaisseur du trait. Par ailleurs, on veut vider la direction générale de la coopération et du développement (DGCID) de sa substance pour confier l'action culturelle de la France dans le monde à des opérateurs extérieurs. Je suis d'accord avec le principe de confier l'action culturelle à des agences à condition qu'elles soient gérées, comme l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE), de façon dynamique, et que le Ministère des Affaires Etrangères soit en mesure de participer au pilotage. Mais dans le domaine culturel, faute de personnel qualifié en nombre suffisant, le MAE n'a pas les moyens de contrôler.(…) Propos recueillis par www.expatries.senat.fr (www.lepetitjournal.com) mercredi 16 avril 2008
Lire l’interview complète de Monique Cerisier-Ben Guiga sur le site du Sénat
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