| Ecrit par Jonas Mercier,
le 16-04-2008 00:00
|
|
Avant chaque rendez-vous électoral, c’est la même chose. Les alliances politiques se nouent à grands de sourires et de poignées de mains, et l’aspect idéologique est rarement la base de ces négociations qui se défont très rapidement...
De gauche à droite, Dan Voiculescu, Adrian Nastase et Ion Iliescu (photo: Rompres).
Les élections municipales approchent, elle sont prévues au mois de juin. Alors que certains partis politiques se démènent pour désigner leur candidat, d’autres cherchent des alliances. Exemple : le PSD (Parti Social Démocrate) vient d’annoncer son rapprochement avec le PC (Parti Conservateur), du très controversé Dan Voiculescu, également appelé "Félix" dans la presse, son nom d’informateur de la Securitate, l’ancienne police politique du régime communiste. Il s’agit d’une alliance de "conjoncture" pour Silviu Sergiu, responsable du service politique au quotidien Evenimentul Zilei. Selon lui, le PSD souhaite "utiliser" les moyens médiatiques de Dan Voiculescu. Car l’homme politique – il a quitté la présidence du PC en janvier dernier mais il reste très influent dans le parti – possède l’un des trusts médias les plus importants du pays. Pas moins de cinq chaînes de télévision (Antena 1, 2, 3, International et Euforia), trois journaux de grand tirage (Jurnalul National, Gazeta Sporturilor et Saptamana Financiara) et plusieurs postes de radio (Romantic FM, Metropol FM et News FM). De quoi apporter une assise médiatique conséquente au PSD, qui ne peut plus compter sur la télévision publique (TVR) depuis qu’il n’est plus au pouvoir. Quant au PC, s'allier au PSD lui permet d'échapper à l’humiliation des dernières élections européennes : en juin dernier, il avait obtenu un score de moins de 3%.
Le mécanisme des alliances Les alliances politiques en Roumanie sont très souvent surprenantes et des partis, aux idéologies théoriquement opposées, arrivent à s’entendre. Pour Silviu Sergiu, ce phénomène est logique au sein d'un Etat où les "doctrines politiques ne sont pas encore bien séparées. Il est difficile d’être à droite dans un pays en développement et anciennement communiste, où les gens attendent beaucoup de l’Etat". C’est d’ailleurs le PNL (Parti Libéral, proche du Premier ministre Tariceanu) qui a fait passer l’an dernier la loi sur l’augmentation des retraites. Ceci dit, les formations politiques font tout de même attention à leur électorat. Le PNL n’a pas risqué de s’allier avec le PSD alors même que les deux partis auraient pu trouver là une manière de faire contrepoids face au PD-L (Parti Démocrate Libéral), proche du président Traian Basescu. Les électeurs des libéraux, plus informés et attentifs aux questions de corruption, n’auraient pas pardonné aux dirigeants du PNL une telle alliance. Les électeurs du PSD, majoritairement issus du milieu rural, auraient peut-être pu avaler la pilule avec moins de difficulté. La question est de savoir si ce sera le cas suite à ce rapprochement avec les conservateurs. Jonas MERCIER. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) mercredi 16 avril 2008
|