|
"Francia film napok" constituent en ce moment avec leur 12e édition, l'événement de la distribution cinématographique hexagonale en Hongrie. On connaissait les talents français en matière de grande distribution, celle-ci fait à nouveau une démonstration dans le domaine du cinéma, notamment au Corvin Mozi de Budapest, du 17 au 20 avril
Caramel (Francia Film Napok) Comme tous les ans, cette distribution de longs et courts métrages français se fait dans toute la Hongrie pendant 11 jours. Ainsi, Debrecen, Györ, Miskolc, Pecs, Szeged, Szolnok et Kecskemet diffusent déjà la programmation de ce "festival" depuis jeudi dernier. Ces "journées" reçoivent l'appui d'énormes sponsors tels que L'Oréal, Citroën ou encore Air France, et qui le leur rendent bien. A la suite de Titanic, l'unique festival de cinéma international en Hongrie, la comparaison avec les journées du film français est d'autant plus frappante. Avec un petit budget et des sponsors locaux, le premier a réussi à rassembler 65 oeuvres venant du monde entier et allant du cinéma d'auteur au documentaire. A l'inverse, les "Francia film napok" ne présentent pas toujours ce qui se fait de mieux dans le cinéma français en ce moment, mais promet de bonnes retombées financières. Une programmation qui conjugue gros sous, déjà-vu et médiocrité En tête des 6 longs métrages qui sont distribués, Paris de Cédric Klapisch, avec, bien sûr, Romain Duris, mais aussi Juliette Binoche et Fabrice Lucchini qui jouent une fois de plus des rôles bien trop proches de leur personnalité à l'écran. Heureusement, Karine Viard nous surprend un peu en boulangère raciste et vient redorer ainsi le blason de l'humour français. Ce film se résume en une impression de déjà-vu longue de plus de deux heures, une succession de clichés de la capitale sur fond de tranches de vies françaises non moins déjà vues maintes fois au cinéma. Que dire de Ensemble c'est tout de Claude Berri, l'autre blockbuster du programme, avec à l'affiche deux autres stars du cinéma "à la chaîne" - Audrey Tautou et Guillaume Canet, si ce n'est que cette comédie dramatique confine au vaudeville et sombre très vite dans la niaiserie. Le contenu du film d'animation Tous à l'Ouest, une aventure de Lucky Luke, est également prévisible, mais il aura au moins le mérite de divertir les esprits les plus jeunes. Nous ne pouvons cependant pas encore nous prononcer sur Un baiser s'il vous plaît, ni sur le nouveau François Ozon, Angel, qui met une nouvelle fois en scène une de ses actrices fétiches, Charlotte Rampling, faute de les avoir visionnés. Enfin, la bonne surprise viendra peut-être de la comédie Caramel, première réalisation de l'actrice Nadine Labaki et sorte de Vénus Beauté version libanaise, à moins que la lumière ne vienne des courts-métrages, une spécialité culturelle française qui n'est pas encore mise à mal par l'obligation de rentabilité. F.G. (www.lepetitjournal.com - Budapest) mardi 15 avril 2008 Retrouvez tous les programmes : http://www.franciafilmnapok.hu |