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Après la polémique liée à la publication d'un article jugé antisémite dans le Magyar Hirlap, quotidien de droite, deux manifestations se sont déroulées à Budapest à cause d'une altercation jugée elle aussi raciste. Décryptage de l'ambiance sur fond de tension politique
Le 19 mars, le journaliste nationaliste de droite Zsolt Bayera a publié dans le quotidien Magyar Hírlap un pamphlet contre les "journalistes juifs". De nombreux intellectuels hongrois ont, en guise de protestation, rédigé une lettre ouverte au propriétaire de ce quotidien. Le journal magyar est tout simplement accusé d'avoir publié les "pires commentaires antisémites depuis la Seconde Guerre mondiale". Rappelons les faits. Lors d'une émission de télévision de grande audience, l'auteur Zsolt Bayer a réagi aux propos tenus par son confrère Rudolf Ungvary, travaillant pour le quotidien de gauche Nepszabadsag. R. Ungvary y estimait que, si le Fidesz remportait les prochaines élections législatives, "le pays serait dirigé par les descendants des concierges qui tuaient les Juifs avant de les jeter dans le Danube", une phrase se référant aux pogroms qui se sont déroulés en Hongrie durant l'hiver 1944, sous l'occupation nazie allemande et hongroise. Pour Zsolt Bayer, l'antisémitisme se justifierait par la haine qu'entretiennent les journalistes juifs hongrois à son encontre ainsi qu'à l'égard des gens de sa mouvance, sans oublier les Arabes, le Fidesz, etc… Haine qui serait encore plus forte que la sienne. Double manifestation Un autre exemple montre l'atmosphère qui règne à Budapest et la difficulté de communiquer qui ne semble pas être le seul problème du gouvernement. Lundi dernier, une dispute "de caractère raciste" s'est produite dans une billeterie de la rue Hollán. Une jeune femme y avait été qualifiée de fascisante par la vendeuse, puisqu'elle voulait acheter un ticket de concert d'artistes eux aussi jugés d'extrême droite. Suite à cette altercation, deux manifestations opposées ont eu lieu parallèlement vendredi après-midi. La première a voulu protester contre le racisme et les idées de l'extrême droite. Le Premier ministre, Ferenc Gyurcsány y a participé "en civil" et l'ancien chancellier allemand Gerhard Schöder s'est aussi joint à la manifestation et a prononcé un discours. De l'autre côté de la barrière, un groupe guidé par Tomcat, Tamás Polgár, a exprimé sa sympathie envers leur camarade qui avait été désignée comme "fasciste" lundi lors de l'altercation. Fort heureusement il n'y a pas eu de heurt physique entre les deux groupes, mais après la mobilisation dans la rue Hollán, Tomcat a poursuivi la manifestation et les extrémistes se sont rendus sur neuf autres lieux du centre de Budapest. Finalement, la police a dû intervenir et a arrêté 59 personnes qu'elle a gardées jusqu'au soir. A. IVAN, C. VRAIN (www.lepetitjournal.com - Budapest) jeudi 17 avril 2008 |