| Ecrit par Frédéric Guitton,
le 14-04-2008 23:00
|
|
Ces derniers jours, les tensions se sont accrues dans les pays en développement où les populations s’insurgent contre la hausse des prix. Pour tenter d’atténuer les violences, la Banque Mondiale et le FMI se mobilisent et en appellent à l’aide humanitaire 
Dans 37 pays, les populations désemparées se révoltent pour réclamer le droit de se nourrir (photo AFP)La liste des émeutes populaires se fait de plus en plus longue. En Egypte, au Cameroun, en Mauritanie, en Ethiopie, à Madagascar, aux Philippines, en Indonésie ou encore en Thaïlande, les populations se révoltent contre la récente flambée des prix alimentaires, tandis qu’en Haïti, les habitants en sont réduits à se nourrir de galettes de boue. Car en moins d’un an, les cours du blé et du riz ont doublé, et les prévisions ne sont guère optimistes. Appelant les pays riches à soutenir financièrement ces pays en détresse, le président de la Banque mondiale Bob Zoellick a estimé que cette augmentation des tarifs "pourrait pousser plus profondément dans la misère 100 millions d'individus vivant dans les pays pauvres". L’état d’urgence est décrété, et déjà, les premiers responsables sont pointés du doigt. Des risques politiques majeurs Malgré une augmentation de la production en 2007, l’offre en céréales s’est avérée insuffisante face à une demande de plus en plus importante, notamment de la part des pays émergents comme l’Inde ou la Chine. Mais dans cette crise mondiale, l’impact démographique n’est pas la principale cause. Le développement de la consommation en biocarburants n’avait pas été anticipé, et selon le FMI, "entre 20 et 50% de la production mondiale de maïs ou de colza ont ainsi été détournés de leur usage initial". A ces facteurs s’ajoutent la hausse des coûts du pétrole, et donc des transports, mais également une spéculation inattendue sur les cours céréaliers de la part d’investisseurs déçus des placements dans l’immobilier. Dans des régions déjà instables politiquement, les répercutions de ces crises de désespoir sont dramatiques puisque des millions de personnes pourraient mourir de faim. Dominique Strauss-Kahn le Président du FMI envisage d'ailleurs le pire : "comme nous l'avons appris dans le passé, ce genre de situations se finit parfois en guerre". A Haïti, en plus d'avoir renversé le Premier ministre, les émeutes ont déjà fait six victimes dont un soldat de l’ONU. Frédéric GUITTON. (www.lepetitjournal.com) mardi 15 avril 2008 En savoir plus : Libération - Emeutes de la faim : les raisons de la colère Le Figaro - Crise alimentaire : la Banque Mondiale sonne l’alarme LCI - Alimentation : la fin du monde n’a jamais été aussi proche
|