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REPORTAGE – Les Sicules en quête de leur autonomie |
| Ecrit par Jules Ravaud,
le 13-04-2008 23:00
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La communauté hongroise de Roumanie (1,5 million) est la minorité la plus importante du pays. En Secuime, une ancienne province magyare qui couvre trois districts du centre (Harghita, Mures et Covasna), on demande l’autonomie territoriale depuis 1990
A l'entrée de Sanvasii (photo: J.R.)
A Târgu Mures, les bâtiments qui font la fierté de la ville ont quasiment tous étaient construits au début du XXe siècle, quand la Secuime appartenait encore à la Hongrie. Capitale historique de cette province, la ville (150.000 habitants) compte depuis quelques années seulement un peu plus de Roumains que de Hongrois. Une proportion qui est loin de se vérifier dans les campagnes avoisinantes. A Sanvasii, petit village de 300 habitants, tout le monde est Hongrois. Kiss Mihaly, le prêtre de l’église réformée de confession unitarienne qui domine le bourg, sait d’où il vient et où il vit désormais : "J’ai la citoyenneté roumaine, mais la nationalité magyare." A l’école, le roumain est appris comme une langue étrangère. Les Sicules forment la principale communauté hongroise de Roumanie. "D’après nos chiffres, sur les 800.000 habitants de la région, 600.000 sont Hongrois" explique Izsak Balazs, le président du Conseil National Secuiesc (CNS), une assemblée populaire qui milite pour l’autonomie. Récemment, 99,3% des 200.000 Sicules interrogés dans un sondage du CNS souhaitaient l’autonomie de la région. Suite à ces résultats et en "l’absence de collaboration" des autorités roumaines, l’organisation va demander au Conseil européen d’envoyer un rapporteur pour évaluer la situation sur place.
Un statut toujours en suspend Pour l’instant, les Roumains et les Hongrois vivent en paix. La revendication de l’autonomie ne s’est jamais faite par la voie de la violence. Sans doute le résultat d’une représentation permanente de la minorité hongroise au Parlement et dans les différents gouvernements qui se sont succédés depuis 1990. En visite dans la région à la fin du mois dernier, le président Traian Basescu s’est dit "supporter" de l’autonomie, mais à condition qu’elle soit égale pour toutes les minorités de Roumanie. Une déclaration pour calmer les esprits suite à la déclaration d’indépendance unilatérale du Kosovo ? "Les comparaisons entre ces situations sont simplistes. La Transylvanie a toujours appartenu à l’Europe de l’Est, avec une tradition fédérative, et le Kosovo au monde balkanique" explique le politologue Cristian Pirvulescu. Un avis partagé par le sénateur de l’UDMR (Union Démocratique des Magyares de Roumanie) Peter Eckstein-Kovacs, pour qui le Kosovo ne représente pas de précédent pour la Secuime. Il ajoute cependant qu’il s’agit là d’un "message particulièrement important" sur la façon dont sont désormais traitées les minorités par l’Union européenne. Jules Ravaud. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) lundi 14 avril 2008
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