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En un peu plus de dix ans, Lucía Etxebarria s’est imposée avec succès dans le paysage littéraire espagnol. Dotée d’un humour corrosif et d’un sacré tempérament, elle présente aujourd’hui Lo que los hombres no saben et Je ne souffrirai plus par amour Lucía Etxebarria, icône d'une génération ?
"Quand je serai riche, j’arrêterai la promo ! Je déteste parler de moi, de mes livres. Si j’ai choisi un mode d’expression solitaire, ce n’est pas pour être continuellement sous les feux de la rampe. Sinon, j’aurais été actrice !" Désarmante. L’écrivaine à la crinière de lionne a aussi hérité du félin un caractère farouche et combatif. "Si je pouvais, je prétendrais être morte et publierais des tas de livres inédits posthumes... Un texte, ça ne s’explique pas". Encensée en France, Lucía Etxebarria est nettement plus critiquée en Espagne, où Juan Marsé n’a pas hésité à la qualifier de "bluff littéraire". Trop briseuse de tabous peut-être, pour souvent s’attacher à des héros du quotidien paumés et déracinés... Grande gueule aussi ! Comme quand elle tente d’expliquer ce rejet : "Qui a fait Almodovar ? Les Français ! La France est plus moderne, moins conservatrice. En Espagne, une femme, qui plus est, une femme avec du pouvoir et de la réussite, on ne l’aime pas!"
Un phénomène Née en 1966, Lucía Etxebarria étudie d’abord à Valence, puis à Madrid. En 1996, elle débute avec La historia de Kurt y Courtney : aguanta esto. Suivront Amor, curiosidad, prozac y dudas, son premier roman, et Beatriz y los cuerpos celestes (Prix Nadal, 1998). Prolixe, elle est aussi populaire. Ya no sufriré por amor, qui ne devait être qu’un article pour une revue de psychologie, s’est vendu à plus de 120.000 exemplaires. "Il faut croire qu’il y a beaucoup de gens aussi désespérés que moi !" ironise-t-elle. Peut être aussi qu’avec cet essai sur la construction sociale du concept de l’amour, l'écrivaine touche une nouvelle fois à des thématiques du quotidien, à la manière d’une Carrie Bradshaw* madrilène. De là à être porte-parole d’une génération ou représentante d’une certaine Espagne, il n’y aurait qu’un pas que l’intéressée refuse de franchir. "J’écris pour m’amuser, parce que j’ai envie de raconter certaines choses, un point c’est tout !" Georgia DIAZ. (www.lepetitjournal.com - Madrid) lundi 14 avril 2008
* Carrie Bradshaw : héroïne de la série télévisée Sex and the city, interprétée par Sarah Jessica Parker Lucía Etxebarria, Je ne souffrirai plus par amour (Héloïse d’Ormesson), 332 pages, 22 euros. Lucía Etxebarria, Lo que los hombres no saben. El sexo contado por las mujeres (Martinez Roca), 320 pages, 19 euros.
Promotion : Lucía Etxebarria présentera son recueil de nouvelles érotiques, Lo que los hombres no saben, à Bilbao (18 avril), Barcelone (22 au 24 avril), à Séville (2 mai). Pour Madrid, les dates n’ont pas encore été précisées. |