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CINE - Denys Arcand : une histoire rêvée |
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mercredi 09 avril 2008 |
Le cinéaste québécois Denys Arcand termine sa trilogie, commencée avec Le Déclin de l’empire américain puis Les invasions barbares, par L’âge des ténèbres, une comédie dans laquelle les rêves jouent un rôle fondamental. Sortie en Espagne ce vendredi
Les nouveaux personnages, interprétés brillamment par Marc Labrèche, Diane Kruger, Sylvie Léonard et Emma De Caunes, apportent un souffle d’air frais et beaucoup d’humour à cette critique sociale ultra réaliste. Alors qu’il était en pleine promotion de son précédent film, Les invasions Barbares (2003), pour lequel il avait reçu l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, le Québécois Denys Arcand se demandait : "Existe-t-il une personne qui aimerait faire ce que je suis en train de faire en ce moment ?" l’idée lui est alors venue d’un homme qui ne serait jamais passé à la télé, mais qui rêverait de se retrouver devant les caméras et côtoyer les plus grandes stars de cinéma… Petit à petit est né le personnage de Jean Marc Leblanc et la création du film La Edad de la ignorancia (L’âge des ténèbres - sélection officielle du Festival de Cannes 2007).
Rires et gênes Après que les invasions barbares eurent précipité le déclin de l’empire, l’humanité est entrée dans l’âge des ténèbres. Denys Arcand nous dépeint en effet une société où la démocratie est morte, la cellule familiale détruite, l’éthique et la morale disparues. Par contre les religions et les sagesses ésotériques se sont multipliées. Perdu au milieu de tout ça, Jean-Marc Leblanc est fonctionnaire provincial. Il est agent d’information à la commission de protection des droits du citoyen du Québec. Il s’ennuie : au travail, où il doit fumer en cachette, à la maison, où ni sa femme, ni ses deux filles ne lui prêtent attention, à l’hospice, où il visite sa mère impotente, dans le métro, où les Québécois doivent porter un masque pour cause d’épidémie… Alors, pour s’évader, il se rêve célèbre, séducteur ; lui qui avoue ne pas avoir fait l’amour depuis "plus d’un an et demi", est harcelé par des fans…
Une farce sociale cynique et lyrique, un film divertissant et intelligent Marc Labrèche est extraordinaire de justesse et d’émotion dans le rôle principal. Jean-Marc Leblanc est à la fois énervant mais tellement touchant, et la beauté des actrices qui l’entourent (Diane Kruger et Emma De Caunes entre autres) ne fait qu’accentuer le contraste entre la cruelle réalité et la magie des rêves. Parfois lyrique, parfois cynique, L’âge des ténèbres est donc non seulement rempli de rêveries, mais aussi bien ancré dans notre réalité ; terriblement drôle et terriblement triste. Certains pourront être gênés par l’exagération du tragicomique de certaines situations, d’autres, au contraire, se délecteront de l’humour acide et des clins d’œil que Denys Arcand sème tout au long du film. Pas le meilleur des films de la trilogie donc, mais un film divertissant et intelligent. A voir dans les salles espagnoles à partir de vendredi. Elodie REGERAT. (www.lepetitjournal.com - Barcelone) mercredi 9 avril 2008 |