| Ecrit par Arnaud Brely,
le 07-04-2008 23:00
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Le gratin du football mondial évolue Outre-Manche depuis une décennie. La puissance économique des clubs n’a pas dénaturé les vertus du jeu, grâce au spectacle proposé sur le terrain. Seule l’équipe d’Angleterre fait les frais de cette politique du business à outrance Que de joueurs stars en Premier League ! Ici Didier Drogba (bleu) à Chelsea, échappe à William Gallas, qui joue pour Arsenal (photo AFP)
Manchester United, Arsenal, Liverpool et Chelsea qualifiés pour les quarts de finale de la Ligue des Champions ! Heureux soient les supporters de football en Angleterre qui voient évoluer chaque week-end sur des vertes pelouses, Cristiano Ronaldo, Drogba, Fabregas, Tevez, Lampard, Gerrard ou encore Rooney ! Le football professionnel anglais a opéré une profonde mue au début des années 90. Les drames du Heysel et de Sheffield ont obligé les propriétaires des clubs à accueillir le public dans des enceintes sûres, ne contenant que des places assises. Les stades anglais rénovés sont devenus des lieux de vie (hôtel, mégastores, restaurants, centres de convention…), où la ferveur populaire s’est peu à peu diluée dans le crédo du business à tout crin. L’arrêt Bosman, et la possibilité d’engager un nombre illimité de joueurs de l’espace européen, associé à l’arrivée massive de capitaux américains, russes, islandais, sud-asiatiques ou de Dubaï à la tête des clubs, ont fini de transformer la Premier League anglaise en NBA du football européen. Quelques chiffres soulignent le fossé qui sépare la Ligue 1 de la Premier League. Le salaire moyen d’un professionnel en France avoisine les 40.000 euros, il est de 130.000 euros en Angleterre. Les droits TV en France frôlent les 700 millions d’euros, quand ils dépassent allègrement le 1,4 milliard d’euros au royaume d’Albion. De Los Angeles à Singapour, on se passionne pour la Premier League anglaise par le biais du satellite, on fait honneur au merchandising de Manchester United et de Chelsea, et on y organise, au bout du monde, des tournées d’été très rémunératrices pour les clubs. Hello les clubs ! Goodbye la sélection nationale ! Cette politique du football business, stigmatisée à outrance par l’oligarque et milliardaire russe de Chelsea, Roman Abramovitch, n’a pas tari l’essence propre du jeu en Angleterre. Soutenir un club s’inscrit dans une longue tradition sociale en Angleterre. Croiser un cadre supérieur de la City, qui se rend au travail habillé de son maillot de Newcastle United, est monnaie courante. Les odeurs tenaces et envoûtantes de Burger-saucisse-oignon frit continuent de flotter autour d’Highbury, quand les supporters se rendent désormais, 500 mètres plus loin, dans l’édifiante enceinte de l’Emirates Stadium, qui accueille 60.000 personnes. On y jouait ce week-end un match de championnat, Arsenal-Liverpool, à guichets fermés, à quelques miles à peine du nouveau Wembley, théâtre à la même heure d’une demi-finale de Cup, Portsmouth-West Bromwich Albion, jouée devant 80.000 spectateurs ! Sur cette autre planète, les dirigeants des clubs accordent une entière confiance au secteur sportif. Les managers ont un droit de regard exclusif, notamment, sur le recrutement. Cette politique de stabilité conduit Manchester United, où Sir Alex Ferguson est en place depuis 22 ans, et Arsenal avec Arsène Wenger à sa tête depuis 12 ans, à de nombreux succès domestiques et sur la scène européenne. Mais les joyaux de la couronne du football anglais présentent depuis quelques temps une certaine déliquescence. Lors des quarts de finale aller de la Ligue des Champions, il y avait moins de onze joueurs anglais alignés chez les quatre clubs de la Premier League. L'équipe d’Angleterre, entraînée par un Italien, Fabio Capello, souffre des carences de la formation de jeunes et brillants joueurs en Angleterre. Non qualifiée pour l’Euro de juin, ses supporters réaliseront des économies, quand les organisateurs en Suisse et en Autriche pleureront sur de substantiels stocks de bière non écoulés ! Arnaud BRELY. (www.lepetitjournal.com) lundi 8 avril 2008 Quarts de finale retour de la Ligue des Champions Mardi : Liverpool - Arsenal : 1-1 Chelsea - Fenerbahce : 1-2 Mercredi : Manchester United - AS Rome : 2-0 FC Barcelone - Schalke 04 : 1-0
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