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Comme tous les ans, l'Egypte a célébré le Mouled El-Nabi (la naissance de Mahomet) le jeudi 20 mars. Cependant, cette année, les festivités ont été austères et loin d'être extravagantes, à cause de la situation économique assez difficile
Un bel étalage en vu du Mouled El-Nabi ( photo LPJ)
Pour la quatrième année successive, Alaa dresse sa tente devant le mausolée de Sayda Aicha, l'arrière petite fille de Mahomet, une semaine avant le Mouled El-Nabi. Dès le lever du soleil, il se met dans sa tente pour recevoir les clients qui le fréquentent pour acheter du halawa de mouled : des loukoums, des bonbons (à base d'eau de rose et du sucre) au pois chiche, aux cacahuètes, aux noix de coco, et au sésame. Le halawa du Mouled est une tradition égyptienne qui remonte à l'époque fatimide et, à laquelle les égyptiens y tiennent même de nos jours. Alaa, vu la précarité de son travail d'artisan en temps normal, compte beaucoup sur le revenu de cette semaine pour pouvoir faire face aux besoins croissants de sa famille. Mais cette année n'était pas aussi rentable que les années précédentes. L'augmentation du prix du sucre et des salaires de main d'œuvre a entraîné une hausse de 35 % sur le prix des sucreries. De plus, la hausse importante des prix de tous les produits alimentaires de base ces derniers mois, oblige les égyptiens à se serrer la ceinture et à définir de nouvelles priorités en matière de dépenses. Résultat : Alaa a perdu 50% de sa clientèle. "Quand on galère pour trouver du pain, quand le kilo d'huile coûte 10 LE, quand tous les prix doublent en 4 mois sans que les revenus suivent à la hausse, personne ne penserait à acheter du halawa de Mouled", explique-t-il, la gorge serrée. Si la situation économique en Egypte continue à se détériorer, la tente d'Alaa risque fort de disparaitre l'année prochaine. De plus, les égyptiens risquent eux de renoncer aux pratiques et aux traditions qui remontent à plusieurs siècles. Moaaz ZOGAIMY. (www.lepetitjournal.com – Le Caire) mardi 8 avril 2008 |