| Ecrit par BUDAPEST,
le 03-04-2008 23:00
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Deux compositeurs hongrois ont été à l'honneur en mars. A Budapest Laszlo Tihanyi est venu diriger Genitrix, composé d'après le roman de François Mauriac. Quant à Péter Eötvös, il a répondu avec Lady Sarashina à une commande de l'Opéra de Lyon pour le festival Japon 2008, dans le cadre de l'année du Japon en France
Laszlo Tihanyi (Photo www.forumopera.com)
Laszlo Tihanyi, fortement impressionné par Genitrix qu'il avait lu très jeune en traduction, a porté pendant des années cette œuvre qu'il a donnée en création mondiale à l'Opéra national de Bordeaux en novembre dernier, commande de l'Etat et de l'Opéra lui-même. Durant le festival de printemps qui s'est achevé et pour une seule représentation, le 19 mars, les spectateurs ont pu voir Genitrix au Palais des Arts dans la distribution originelle et être subjugués par la terrible atmosphère étouffante que Mauriac a dépeinte et que Tihanyi souligne si justement. Dans des décors d'une grande simplicité où les personnages se sont affrontés, le cadre landais a été restitué à la perfection. Un Hongrois japonisant A Lyon, c'est le Japon qui inspire Péter Eötvös en cette année où l'on célèbre le 150e anniversaire des relations entre le Japon et la France, prélude à l'ère Meiji qui devait projeter l'empire du soleil levant dans la modernité avec l'extraordinaire réussite que l'on sait. Le Journal de Sarashina est un classique de la littérature japonaise écrit par une femme au XIe siècle. Le livret de Mari Mezei, au demeurant épouse du compositeur, a été écrit d'après As I crossed a Bridge of dreams, sur des fragments du journal de Sarashina. Neuf séquences, Printemps, le Garde, Pèlerinages, Le rêve au chat, La lune, le rêve au miroir, La nuit obscure, Souvenir, Les cloches. L'héroïne est entourée de trois autres chanteurs qui jouent tous les rôles des personnages de l'œuvre. Ce journal évoque un long voyage de Kyoto à Sarashina, lieu indéfini, c'est Peter Eötvös qui en a fait Lady Sarashina. Sont décrits les sites visités, les pèlerinages effectués dans les temples, par ailleurs des souvenirs, des récits de rêves, des réflexions émaillent cette longue quête dans un décor très simple mais suggestif qui donne à l'ensemble beaucoup d'élégance accompagnée d'un grand raffinement sonore. Cette évocation du Japon se complétait à Lyon par d'autres soirées, Hanjo créé au festival d'Aix-en-Provence en 2005, sur un nô de Yuki Mishima mis en musique par Toshio Hosokawa, Curlew River de Benjamin Britten et enfin Celui qui dit oui, Celui qui dit de Bertolt Brecht et Kurt Weill.
Le compositeur et chef d'orchestre Peter Eötvös est né le 2 janvier 1944 à Székelyudvaherly, en Transylvanie, actuellement Odorheiu Secuiesc en Roumanie. Il étudie à l'Académie de Musique de Budapest puis subit la forte influence de Boulez et Stockhausen en Allemagne. Il créé une œuvre variée au style divers, on remarquera particulièrement deux opéras Trois soeurs, d'après Tchekhov créé en mars 1998 à l'Opéra de Lyon et Le Balcon d'après Genêt donné au Festival d'Aix en Provence en 2001. Lors de l'exposition universelle d'Osaka en 1970, Eötvös a effectué un séjour de six mois au Japon, la découverte de cette culture a été pour lui un bouleversement qui l'a marqué à jamais. Pierre Boulez lui a confié le concert inaugural de l'IRCAM à Paris en 1978 et il en sera le directeur musical jusqu'en 1991. Actuellement, outre ses travaux de composition, il dirige les plus grands orchestres. C. D. (www.lepetitjournal.com - Budapest) vendredi 4 avril 2008
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