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Après la rupture des négociations par Air France-KLM et la démission de son président, la compagnie aérienne italienne risque la faillite. A moins que Berlusconi, en partie responsable de cet échec, ne joue les cavaliers blancs à quelques jours des élections Jean-Cyril Spinetta durant la conférence de presse du mercredi 18 mars à Rome (photo S.F.)
"Suicide national", "échec", "malédiction"… Les mots choisis par la presse italienne hier pour aborder le rachat d’Alitalia en disent long. Depuis la rupture des négociations d’Air France- KLM, la compagnie italienne risque en effet la faillite. Mercredi soir, Jean-Cyril Spinetta, le président d'Air France-KLM a quitté la table des négociations. Il avait mis pour condition au rachat d’Alitalia l’approbation par les syndicats et le futur président du Conseil italien de son plan prévoyant notamment 2.100 suppressions d’emplois. Or les syndicats ont réclamé de conserver l’ensemble des activités de leur entreprise, dont le cargo et la maintenance, et de faire entrer une holding publique dans le capital. Des exigences bien loin de celles de la compagnie franco-néerlandaise. Cette position des syndicats a été encouragée par l’attitude de Silvio Berlusconi. Le candidat en tête des sondages a fait part de son opposition au projet de Jean-Cyril Spinetta, promettant de sauver Alitalia s’il est élu.
Un faible espoir Après la rupture des négociations, Maurizio Prato, président d’Alitalia a démissionné, déclarant : "Cette entreprise est une vraie malédiction. Pour la sauver, il faudrait un exorciste". Un communiqué paru hier indique que l’Etat italien, qui détient 49,9 % de la compagnie, va vérifier s’il est encore possible de poursuivre les négociations. La cotation d’Alitalia était hier suspendue. Sa trésorerie est au plus bas et la dette atteint 1,5 milliard d’euros. Elle devrait être placée sous la loi sur les faillites, un commissaire extraordinaire prenant la décision de restructurer ou de liquider l’entreprise. Alitalia peut aussi tenter de tenir jusqu’aux élections, en espérant la fameuse "cordée italienne" promise par Berlusconi. Corentine GASQUET. (www.lepetitjournal.com - Milan) vendredi 4 avril 2008
A lire aussi : Le rachat d'Alitalia soumis à l'accord des syndicats (LPJ - 21/03/2008)
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