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Créé en 1987, le programme de mobilité étudiante Erasmus est un succès. Plus d'un million d'étudiants ont déjà été séduits par ces trois à neuf mois d'études dans un établissement européen partenaire de leur établissement d'origine. Et au palmarès des pays les plus prisés : L’Espagne, où se concilient "études sérieuses" et "fêtes délurées".
L'UAB. L'Université Autonome de Barcelone reçoit chaque année des centaines d'etudiants Erasmus. (Photo : UAB)
Samedi 8 octobre 2005, 13h00. Quelque 200 étudiants arpentent la Plaza de España, en plein coeur de Madrid. Des Français, des Allemands, quelques Italiens et Anglais... Voilà réunis quelques uns des "chicos Erasmus" de l'Université madrilène de la Complutense. Quatre bus ont été affrétés par l'association des Etudiants Erasmus de l’UCM. Direction : Zaragosse, "pour visiter et faire la fête", précise Flavio, un étudiant roumain.
Au sein de l'association, le même discours prévaut. Les appels à la fête dans les discothèques de la capitale côtoient les annonces d'excursions culturelles, ou celles pour des échanges linguistiques. L'offre est à la hauteur de la demande. Après un séjour à Paris, Steffi, étudiante allemande en traduction, a choisi de venir en Espagne pour "l'apprentissage linguistique", certes, mais aussi satisfaire son "envie de movida".
"Choque cultural"
Une envie qui fait rire Irina. En 2004, cette Espagnole est partie en Angleterre. Son expérience lui permet aujourd’hui d’aider à l'intégration des Erasmus. Et pour elle, c’est évident : "Tout le monde veut faire la fête ici. D’ailleurs en deux jours, ils savent tous ce qu’est un botellón ! "
Car c'est là une autre lubie des Erasmus : découvrir les coutumes locales. Et chacun y va de son anecdote sur les comportements espagnols. Comme Davide, un Milanais étudiant en communication, choqué par le jet quotidien d'ordures par la fenêtre de ses voisins. Ou Sophie, jeune Lilloise, étonnée du style particulier de civilité des Espagnols : "Ils ne s'excusent pas quand ils te poussent dans le métro, ils ne disent pas merci quand tu leur tiens la porte. C'est bizarre, ça passe plus par le regard que par la parole." Une critique en guise de compliment : preuve que l’acclimatation commence bien.
Georgia DIAZ. (LPJ) 20 octobre 2005 |