Le centre de Santiago, quartier historique de la ville, est celui qui garde la plus forte trace de son passé colonial. Entre de jolis bâtiments de plus de deux siècles, se trouvent les agréables terrasses des cafés du Barrio Lastarria, la splendide vue depuis le sommet du Cerro Santa Lucia, de nombreux musées et, bien sûr, l’activité trépidante de la Plaza de Armas
Le Barrio Lastarria est l’un des quartiers les plus calmes de la capitale. Ici, le vrombissement des voitures se fait plus sourd et les piétons tiennent le haut du pavé. Articulé principalement autour de la calle Merced (commerces plutôt branchés) et de la calle Lastarria, ce quartier est constitué d’immeubles de style ancien. Un endroit très agréable pour prendre un café, à l'une des nombreuses terrasses. Au niveau culturel, on trouve rue Lastarria, le cinéma d'art et d'essai à tendance européenne et francophile "El Biografo" et le Museo de Artes Visuales (ouvert tous les jours de 10h30 à 18h30 ; www.mavi.cl) dont la collection permanente est agrémentée d’expositions qui varient régulièrement. Dans la même rue vous ne pourrez manquer le Centre culturel Lastarria, joli bâtiment rouge brique récemment restauré (café, expos, conférences et boutique d'artisanat)  Située derrière le Cerro Santa Lucia, se trouve l’imposante façade de l’Universidad Catolica (Av. Libertador Bernardo O'Higgins 340). L’université, qui fêtera ses 120 ans le 21 juin prochain, et dont le bâtiment principal fut créé par l’architecte d’origine française Emilio Jecquier (1866-1949), est aujourd’hui l’une des plus importantes et la plus prestigieuse université chilienne. Rien qu’à Santiago, elle possède quatre campus mais dispose aussi d'une chaîne de télévision et d'une station de radio. L’année dernière, plus de 21 000 élèves, parmi les meilleurss, se sont assis sur les bancs de ses amphithéâtres.
De dimension plus modeste que le Cerro San Cristobal, le Cerro Santa Lucia possède néanmoins un charme indiscutable. Ses petites allées, jardins et fontaines, un cadre reposant et agréable, en ont fait l’un des lieux les plus prisés des jeunes amoureux. Fondé au XIXe siècle par le maire de Santiago d’alors, Vicuña Mackenna, ses visiteurs ont depuis lors toujours été émerveillés par la vue sur la ville et les Andes depuis le sommet. Attention toutefois, à bien garder les mains dans ses poches. Des jeunes, parfois des enfants, situés aux différentes entrées, ont tôt fait de repérer le touriste tête en l’air et de lui arracher des mains son appareil photo ou son téléphone portable. Au sein du parc néanmoins, l’atmosphère est très calme et sans risque, jusqu'à la tombée de la nuit.
A quelques pas du rio Mapocho, près du Parque Forestal, imaginé par Jorge Enrique Dubois, diplômé de l’école de paysage de Versailles, trône le magnifique Palacio de Bellas Artes, anciennement connu sous le nom de "Partenon". Ce bâtiment construit en 1880 est une réplique du "Petit palais" à Paris. Il fut inauguré officiellement le 21 septembre 1910. L’édifice abrite en fait deux musées. Côté face, le Museo de Bellas Artes (www.mnba.cl ouvert du mardi au dimanche, de 10 h à 19h), où l’on trouve des expositions permanentes d’art européen, une section sur les différents mouvements chiliens ainsi que des expositions temporaires de tous types d’artistes contemporains. Côté pile, le Museo de Arte Contemporaneo(www.mac.uchile.cl, ouvert du mardi au samedi, de 11h à 19h), créé en 1946, où se concentrent les artistes chiliens depuis le XIXe siècle, mais aussi quelques artistes du reste de l’Amérique latine.
C’est sans doute son style colonial et la permanente activité qui font de la Plaza de Armas l’un des lieux que préfèrent les flâneurs de Santiago. Bordée par de nombreux édifices historiques tels que le bâtiment du Correo Central, le Museo Historico Nacional ou encore la splendide Catedral Metropolitana, la place est toujours bourdonnante. Les joueurs d’échecs se réunissent sous le kiosque qui fait face à la statue de Simon Bolivar. Dans les allées verdoyantes bordées de bancs on trouve, selon l’heure de journée et l’endroit, des chinchineros, ces hommes-orchestres aux rythmes et aux pas de danse dignes des meilleurs sambaleiros de Rio, des prêcheurs en tous genres et quelques stands de souvenirs pour les touristes. Ici aussi, évitez d’afficher de trop provocants signes de richesse extérieure.
Juste derrière la Plaza de Armas, sur la calle Bandera se trouve le très intéressant Museo de Arte Precolombino (www.precolombino.cl, ouvert du mardi au samedi de 10h à 19h, le dimanche de 10h à 14h). A travers différents objets, sculptures et même quelques momies, ce sont toutes les civilisations précolombiennes des 4 500 dernières années qui sont représentées. Ouvert en 1981, il est aujourd’hui l’un des musées du genre les plus complets du continent sud-américain. A noter : le musée est gratuit tous les dimanches et tous les jours pour les étudiants et les enfants.
 C’est sur l’Alameda, station Universidad de Chile, que se trouve le plus vieil édifice encore debout de la ville. L’Iglesia de San Francisco, dont la première pierre fut posée en 1572 et la construction achevée en 1610, abrite en son centre une petite sculpture de la Virgen del Socorro, ramenée d’Espagne par Pedro de Valdivia en 1540, pour lui venir en aide en cas de péril. Le bâtiment, un bijou d’architecture espagnole, héberge également le Museo Colonial (www.museosanfrancisco.cl, ouvert tous les jours, sauf le lundi) dont l’entrée se trouve sur la côté, calle Londres. On y trouve une belle collection d’artistes chiliens et péruviens de l’école de Cuzco, ainsi qu’une reproduction de la médaille du prix Nobel de Gabriela Mistral, qui appartenait à l’ordre des franciscains.
Enfin, une station de métro plus loin, est situé le Palacio de la Moneda. Dessiné par l’architecte italien Joaquin Toesca et inauguré en 1805, il abritait jadis l’hôtel des Finances, où était frappée la monnaie. Devenue résidence présidentielle en 1846 et dont le premier occupant fut Manuel Bulnes, il est devenu tristement célèbre lors de son bombardement aérien au cours du coup d’Etat en 1973, où s’est suicidé Salvador Allende. Gravement endommagé lors de ces attaques, il n’a été restauré qu’à la fin de la dictature, mais les chefs d’Etat chiliens n’y vivent plus. Seuls quelques services de la présidence y sont encore installés. Il est possible de le visiter en réservant au moins quinze jours à l’avance (en envoyant un mail à visitas@presidencia.cl) et on peut observer la relève des carabineros un jour sur deux, à dix heures. Grégory PLESSE. (www.lepetitjournal.com - Santiago) Rediffusion |