| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 02-04-2008 00:00
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Robert Mugabe, président autoritaire du Zimbabwe depuis 1980 brigue un sixième mandat. Mais à 84 ans, le vieux leader trouve très peu de soutien autour de lui, ses alliés n’attendant qu’un faux pas dans les urnes pour l’abandonner Robert Mugabe s'est dit prêt à quitter le pouvoir si c'était nécessaire... Intox ? (photo AFP)
Contrairement à 2002, les élections présidentielles au Zimbabwe se sont déroulées sans violence le week-end dernier. Mais les résultats définitifs tardent à tomber, et font craindre à l’opposition encore des fraudes de la part du pouvoir en place. L’histoire semble donc se répéter dans l’ex-Rhodésie anglaise, où le dirigeant Robert Mugabe, règne en maître absolu depuis l’indépendance du Zimbabwe en 1980. À 84 ans et 5 mandats, le président zimbabwéen est de plus en plus contesté, non seulement par son peuple, mais aussi par des anciens alliés ayant rejoint le camp des opposants. C’est le cas de Simba Makoni. L'ex-ministre des Finances siégeait encore jusqu'en février à la direction de la Zanu-PF, le parti au pouvoir. Il n’aurait cependant obtenu que 8 % des suffrages, bien loin des 48,3 % de Morgan Tsvangirai, leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC). Mugabe serait à 43%, prêt pour un second tour tendu. Seul au monde Symbole de la perte de vitesse de Mugabe, son parti n’a remporté "que" le Sénat aux législatives, laissant la Chambre des députés au MDC. Né dans un village près de la capitale Harare, l’ascension de Mugabe a été fulgurante. Bardé de diplômes obtenus en Afrique du Sud et à Londres, il a rencontré au cours de ses études les figures africaines de la lutte contre la domination coloniale. Il se dit même influencé par l’ex président ghanéen et pionnier du panafricanisme, Kwame Nkrumah. A son retour du Ghana où il a exercé comme professeur de 1958 à 1960, il a adhéré au Parti démocratique national. Après son interdiction par le régime d’apartheid, il a rejoint en 1963 l'Union nationale africaine du Zimbabwe. Ses discours anti-Blancs notamment, lui ont valu 10 ans de prison l’année suivante. Mettant de l’eau dans son vin en fin stratége, Mugabe prône la réconciliation nationale lors de l’indépendance en 1980, alors qu'il obtient le poste de Premier ministre. Sa méfiance extrême provient sans doute de 1985, lorsque la population blanche a tout de même majoritairement voté contre lui. Puis quand le Royaume-Uni n’a pas compensé, comme promis, les fermiers blancs expropriés dans le cadre de la réforme agraire. Aujourd’hui, ses alliés le lâchent un à un. Et une défaite précipiterait la fin de carrière de Mugabe. Réponse d’ici trois semaines, si deuxième tour il y a... Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) mercredi 2 avril 2008 En savoir plus Libération - Mugabe en difficulté, le Zimbabwe retient son souffle France Soir - Zimbabwe : Robert Mugabe, le tyran et les élections L’Express - Second tour probable au Zimbabwe, l'opposition en tête
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