| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 31-03-2008 23:00
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Le site Fuzz vient d’être condamné pour non respect de la vie privée envers l’acteur Olivier Martinez. Cette décision de justice va sans aucun doute modifier le paysage Internet, apportant des restrictions supplémentaires à ce qu’un site est en droit de diffuser Les internautes vont peut être réfléchir à deux fois à ce qu'ils vont diffuser sur leur site (photo AFP)
Depuis l’avènement d’Internet, protéger sa vie privée est devenue un véritable parcours du combattant. Notamment pour les stars. Et comme la toile demeure une vaste jungle difficile à contrôler pour le législateur, les célébrités peinent à faire valoir leurs droits sur leur image. Mais une décision de justice en faveur d’Olivier Martinez la semaine dernière, s’apprête à engendrer un tournant en ce qui concerne la diffamation et l’échange d’informations sur le Web 2.0*. Tout a commencé avec la plainte déposée par l’acteur français à l’encontre de Fuzz. Ce site permet aux internautes de diffuser des liens vers d’autres sites et de les noter. Un de ces liens renvoyaient vers un blog faisant état de la liaison supposée d’Olivier Martinez avec la chanteuse Kylie Minogue. L’acteur a obtenu 1.000 euros de dommages et intérêts pour atteinte à sa vie privée. Jugeant l’affaire, le tribunal de grande instance de Paris a estimé que Fuzz n’était pas qu’un simple hébergeur, mais un éditeur responsable de son contenu. La LCEN face à la diffamation Cette décision modifie donc grandement la loi sur l'Economie numérique (LCEN) de 2004. Jusqu’à présent, un site hébergeant un lien ou un contenu diffamatoire devait simplement le retirer s’il recevait la demande de la personne concernée par le grief. Eric Dupin, propriétaire de Fuzz a eu beau s’appuyer sur cette loi, l’avocat de l’acteur a expliqué qu’ils avaient décidé de s’en remettre à une autre, plus contraignante elle. C’est ainsi qu’ils ont porté plainte directement pour diffamation, au terme de l'article 9 du code civil pour atteinte à la vie privée. La victoire du comédien devrait en plus faire jurisprudence. Plus seulement perçu comme simple hébergeur, tout site devrait donc être dorénavant considéré comme responsable des rubriques qu’ils créent et du contenu qu’il y intègre. Le temps de l’insouciance pour les internautes avides de créer des sites d’information, sans se soucier forcément de leur véracité semble terminer. L’actualité va-t-elle pour autant redevenir le pré carré des journalistes professionnels, qui ont souffert de la possibilité offerte à quiconque de s’informer en un clic ? Rien n’est moins sûr. La loi a souvent constaté le talent dont font souvent preuve les internautes pour la contourner. Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) mardi 1er avril 2008 * Web 2.0 : Terme regroupant les interfaces permettant aux internautes d'interagir avec le contenu des pages et entre eux. En savoir plus L’Express - Affaire Martinez : Fuzz en plein buzz France Info - La fin du journalisme amateur sur le web ? 01net.com - Une vague de condamnations ébranle le Web 2.0 français
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