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SOMMET DE L’OTAN – Les enjeux pour la Grèce |
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mardi 01 avril 2008 |
Près de 3.000 délégués et presque autant de journalistes sont attendus du 2 au 4 avril à Bucarest. Ce qui fait de ce sommet le plus important jamais réuni par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). C’est aussi un rendez-vous essentiel pour la Grèce
Monument dédié à la mémoire des héros de l'aviation à Bucarest ( photo officielle du sommet de
Bucarest et logo de l'OTAN fournis gracieusement par les services de
documentation du site internet de l'OTAN)Au sommaire de ce super sommet quatre sujets principaux. La question du maintien de la présence des forces de l’OTAN en Afghanistan et au Kosovo. La question de relations de l’OTAN avec ses partenaires non membres, au premier rang desquels la Russie. Mais aussi la question de la participation des 26 pays membres au budget de l’institution. Et enfin – débat le plus stratégique pour la Grèce – la question de l’élargissement à de nouvelles nations.
L'OTAN veut l'élargissement Le secrétaire général de l’OTAN, M. Jaap de Hoop Scheffer, déclarait la semaine dernière, "Les alliés de l’OTAN se sont engagés à émettre des invitations à Bucarest aux pays aspirants qui remplissent nos conditions de performance et sont capables de participer à la sécurité Euro Atlantique. Nous avons travaillé dur pour assister l’Albanie, la Croatie et l’Ancienne République Yougoslave de Macédoine (ARYM) en vue de leur éventuelle entrée dans l’alliance. Et il est clair que s’ils nous rejoignent, ce serait un élément majeur de stabilité des Balkans". Un message sans équivoque qui met la Grèce, alliée de l’OTAN depuis 55 ans, dans une position délicate. Les négociations dures, sous égide de l’ONU, qui l’opposent à la Macédoine depuis près de 2 mois (et 15 ans !) n’ont toujours pas abouti. La toute dernière proposition du médiateur Matthew Nimetz d’appeler "République de Macédoine (Skopje)" l’actuelle ARYM ne coïncide absolument pas avec les objectifs de la Grèce qui, rappelons le, tient à ce qu’un déterminant géographique entre dans la composition du nom. Difficile de bien comprendre ce qui a pu pousser Nimetz à formuler une proposition aussi peu satisfaisante pour la Grèce et qui rencontre si visiblement les intérêts de l’ARYM .
L'arme de la Grèce : le veto Seul levier possible pour la Grèce aujourd’hui, opposer son veto à l’entrée de l’ARYM dans l’OTAN. Les membres de l’organisation doivent en effet se prononcer à l’unanimité pour qu’un nouveau pays entre dans l’alliance. Mais cette menace de veto, brandie depuis des semaines par les autorités grecques ne semblent émouvoir ni l’ARYM ni les Etats-Unis, membre le plus puissant de l’OTAN. C’est même sur la Grèce que la pression des Etats-Unis s’exerce aujourd’hui. Le week-end dernier, Condelezza Rice a ainsi de nouveau joint par téléphone la ministre des affaires étrangères Dora Bakoyiannis pour lui rappeler combien l’entrée de l’ARYM dans l’OTAN était stratégique. Le veto grec qui se profile n’est donc pas des plus populaires auprès de l’administration américaine.
Stratégie dans les Balkans On peut se demander quelles en seront les conséquences dans les relations bilatérales qui lient les Etats-Unis et la Grèce. On peut aussi se demander quel type de message envoie l’OTAN à ses membres ou à tout nouveau candidat lorsqu’elle choisit de ne pas soutenir l’un de ses plus anciens alliés. "Les efforts de solidarité depuis 55 ans représentent 3% du PIB grec", déclarait il y a deux semaines Dora Bakoyiannis. "Je considère, ajoutait-elle, que le principe fondamental de toute alliance est que chaque état-membre fasse preuve à temps de sa solidarité, et qu'il est raisonnable de s'attendre de la part des partenaires et alliés à cette solidarité dans les relations avec des pays tiers". Mais force est de constater que les intérêts grecs ne sont pas aujourd’hui la priorité d’une institution qui cherche avant tout à s’assurer une influence grandissante dans les Balkans face au "partenaire" très déterminé qu’est la Russie de Medvedev et Poutine. Car les Balkans sont désormais les routes de passage obligées des projets énergétiques européens (gazoducs, oléoducs) ainsi que des espaces stratégiques pour la mise en place de bases militaires – de l’OTAN ou américaines- dans le cadre des nouveaux enjeux de sécurité qui agitent le monde contemporain. Alors l’allié grec… Adéa GUILLOT. (www.lepetijournal.com-Athènes) mardi 1er avril 2008
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