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EXPORT - Bien cerner les différences culturelles |
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mercredi 09 avril 2008 |
L’entrepreneur français qui pense pouvoir s’établir sans tenir compte des différences culturelles court à l’échec. Pierre Destefanis, président de la section italienne des Conseillers du commerce extérieur dresse les principaux points d’achoppement
Pierre Destefanis, président des Conseillers du Commerce Extérieur (photo CCEF)
LPJ : Quels sont les aspects les plus difficiles à cerner pour une entreprise française qui souhaite s’installer en Italie ? Pierre Destefanis : La réglementation. En tant que Français, nous avons trop tendance à considérer que l’Italie est notre petite cousine. Les entrepreneurs pensent que les lois seront similaires en Italie et en France. Il ne faut pas non plus négliger les lourdeurs administratives. Enfin, l’entrepreneur doit penser en terme commercial au niveau régional. Pour une implantation réussie, il faut embaucher au niveau local avant de penser au recrutement français. Il faut savoir s’entourer de personnes compétentes qui vont pouvoir assister l’entreprise dans ses démarches administratives. L’utilisation de compétences locales (tant internes qu’externes) est la clé du succès en Italie.
Quel savoir-faire pouvons-nous apporter aux Italiens ? On peut faire un mariage d’enfer si on met ensemble nos compétences respectives. L’entreprise italienne est très réactive. Elle ne passe pas systématiquement par des conseils d’administration pour prendre des décisions. Elle a également de très fortes compétences dans le commerce, le marketing, le développement de produits nouveaux et la mise en place de réseaux. Les Français, pour leur part, sont bons dans la gestion de l’entreprise et le management. L’entrepreneur italien joue avec son argent. Le Français fait un excellent contrôleur de gestion. Quand elle est bien utilisée, cette complémentarité peut faire une association réussie.En promouvant l’intégration des Volontaires internationaux en entreprise (VIE), les Conseillers du commerce extérieur contribuent à former des entrepreneurs conscients des différences culturelles. Quelles sont vos actions pour aider les jeunes à se former aux métiers de l’international ? Notre ministre de tutelle a mis l’accent depuis quelques années sur la promotion des Volontaires internationaux en entreprises. Les CCE participent à ce développement. En Italie nous organisons depuis cinq ans un Grand prix VIE. Sur présentation d’un dossier, les meilleurs VIE sont récompensés à l’issue d’une remise de prix. Actuellement, cet événement se déroule au moment du Forum de rencontres des entreprises françaises et italiennes (le 12 juin prochain à Milan). Grâce à nos sponsors et à UbiFrance nous disposons d’un budget annuel de l’ordre de 30.000 euros qui est entièrement dédié aux prix distribués. Nous mettons à disposition nos réseaux pour faciliter la recherche d’un poste à un futur VIE, qu’il soit diplômé d’une grande école ou non. Quand une entreprise française ne dispose pas de structure en Italie nous intervenons en temps que parrain du VIE et parfois nous servons de structure d’accueil (mise à disposition de bureaux et/ou de moyens techniques). En Italie, on dénombre actuellement 150 VIE qui travaillent dans des entreprises françaises. Nous devons augmenter leur présence dans la péninsule en les faisant mieux connaître auprès des entreprises françaises. Propos recueillis par Sara FREDAIGUE. (www.lepetitjournal.com - Milan) mercredi 9 avril 2008 (Article initialement publié dans l'édition de Rome le 25 mars 2008) |