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BELGIQUE - La crise politique vue par les Belges du Cambodge |
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| Ecrit par Aurélie Colladon,
le 27-03-2008 00:00
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A l’heure où le gouvernement provisoire mené par Guy Verhofstadt prend fin, laissant la place à celui d’Yves Leterme, vainqueur du scrutin législatif en juin 2007, le Petit Journal revient sur la crise qui secoue la Belgique depuis 9 mois
Le nouveau gouvernement Leterme 1er (photo AFP)
En juin 2007, les élections législatives voient le succès des démocrates-chrétiens et des indépendantistes flamands, qui remettent en question le système fédéral de la Belgique. En décembre 2007, Yves Leterme, leader du Parti démocrate-chrétien flamand, échoue à former le gouvernement. Le premier ministre belge, Guy Verhofstadt, libéral flamand battu aux législatives, parvient alors à trouver un accord pour former un gouvernement intérimaire de coalition. Il est chargé d’engager des négociations en vue d’une grande réforme de l’Etat fédéral voulue par la Flandre qui souhaite plus d’autonomie alors que les francophones y voient le début de la fin de la Belgique. Le 20 mars, le gouvernement provisoire prend fin et les négociateurs chargés de la formation du gouvernement définitif concluent un accord sur la déclaration du gouvernement Leterme. Le texte adopté trace les grandes lignes du programme d’une équipe qui voit le jour plus de neuf mois après les élections législatives, mais remet à plus tard les négociations sur la question de l’autonomie de la région flamande. Au Cambodge, les Belges, qu’ils soient francophones ou néerlandophones, semblent s’accorder.
Diviser le pays ne résoudra pas les problèmes Benoit n’avait plus suivi les affaires de Belgique depuis la mise en place du gouvernement provisoire. Il constate que rien n’a changé : "Vu d’ici, j’ai l’impression que de plus en plus de francophones se font à l’idée d’un divorce. Mais je pense que la séparation de la Belgique serait plutôt mal vue par les partenaires européens. Cela devra passer par un accord des deux parties avec avis des partenaires européens. Pour l’instant, je vois mal comment un gouvernement définitif pourrait tenir alors que la situation est la même qu’au mois de décembre. Seules de nouvelles élections pourront débloquer la situation."
Yves Leterme, le nouveau Premier ministre belge (photo AFP)Christophe vient de Bruxelles mais quand la crise a commencé, il était au Congo, où il était plus facile de suivre l’actualité belge qu’au Cambodge. "Je me souviens d’une émission sur une chaine de télé francophone qui avait sorti un faux événement : la Flandre déclarait son indépendance. Tout le monde y a cru, même dans le monde politique. Cela montre bien que cette éventualité est devenue possible." Christophe se sent désormais peu concerné par la crise politique : " Cette situation est lamentable car les vraies raisons sont purement communautaires et bien éloignées des préoccupations des gens. Les partis se sont enfermés dans des positions qui rendent les négociations difficiles et la population francophone accepte mal la manière dont ils réagissent face aux revendications flamandes. J’ai été vraiment marqué par cette rupture dans le système politique belge. Cela va de paire avec le renouvellement des générations politiques qui ne sont plus autant attachées au compromis. Aujourd’hui, une séparation est devenue possible."
Côté flamand, même son de cloche Inge vient de passer un an au Cambodge : "La politique belge est très compliquée et je ne la suis pas de très près car je n’habite plus en Belgique depuis quatre ans. Mais à mon avis, les idées de séparatisme sont plutôt des idées politiques qui ne se retrouvent pas vraiment dans la vie quotidienne des Belges. Je ne pense pas que beaucoup de Flamands veuillent se séparer de la Wallonie. Moi en tout cas, je n’y vois aucun avantage, ça ne renforcerait pas notre position dans l’Union Européenne et il sera très difficile de trouver un accord sur Bruxelles." Pour Tom, Flamand vivant à Phnom Penh depuis un an et demi, l’analyse est à peu près la même : " Diviser le pays est une mauvaise idée : la Flandre sans la Belgique ne sera plus la Flandre, la Wallonie sans la Belgique ne sera plus la Wallonie. Personnellement j’espère que le nouveau gouvernement est bien parti car à chaque élection, je dois écrire une lettre expliquant pourquoi je ne vote pas !". En effet, le vote en Belgique est obligatoire et tous les Belges, même à l’étranger, doivent s’y plier. Aurélie COLLADON. (www.lepetitjournal.com - Cambodge) jeudi 27 mars 2008
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