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REPORTAGE - Un hôpital oublié

Ecrit par Jules Ravaud, le 26-03-2008 23:00

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Tichilesti (département de Tulcea) fut la dernière léproserie en Europe. C’est désormais un endroit ouvert. Le dernier internement remonte à 23 ans et la majorité des pensionnaires de l'hôpital sont des personnes âgées

Aujourd'hui encore, à Tichilesti, 23 malades de la lèpre résident ici. Ils sont tous traités et ne développent plus la forme active de la maladie. Certains se sont mariés, ont eu des enfants. En 2004, une maison de retraite a été inaugurée dans l’un des bâtiments de l’hôpital qui ne recevait plus de malades et qui tombait en ruine. Ce projet tenait particulièrement à cœur à Razvan Vassiliu, le directeur de l’hôpital, soucieux d’ouvrir le lieu pour changer les à priori et les peurs qui n’ont plus lieu d’être.

La seule route qui mène à Tichilesti ne mène nulle part ailleurs. Elle est toutefois de plus en plus fréquentée par des journalistes, des curieux et bien sûr les membres de famille des malades.














Ioana Miscov (à gauche) a 79 ans. Elle a été internée en 1941, à l’âge de 12 ans. Elle a rencontré son mari à Tichilesti, s’y est mariée et a eu une fille : Domnica (à droite) qui a aujourd’hui 62 ans. Elle est née et a vécu les treize premières années de sa vie à Tichilesti. Depuis qu’elle est à la retraite, elle passe deux semaines par mois avec sa mère, dans la maison achetée par ses parents, tout près du pavillon principal de l’hôpital.
















Costica Serban (79 ans) est originaire du département de Ialomita (est de Bucarest) et sa région lui manque. Il a fait un premier séjour de sept ans durant son adolescence dans cet hôpital, avant de rentrer chez lui où il est devenu charpentier. Il a dû revenir en 1983 à Tichilesti pour suivre son traitement. Il n’a pas de famille.


















Ieufinia Dimitru (80 ans) a voulu poser au milieu de son jardin, dans lequel elle a un potager et élève des poules. Elle est ici depuis 62 ans et s’est mariée à Tichilesti. Elle habite dans la maison construite par son mari, qui est décédé. Ieufinia n’a quasiment aucune séquelle de la maladie et se félicite d’avoir toujours suivi à la lettre le traitement prescrit par les médecins. Elle s’occupe en brodant.











Les pavillons de Tichilesti se vident peu à peu de leurs malades. Ils ne vont pourtant pas être laissés à l’abandon. Razvan Vassiliu souhaite, à terme, y créer un service de gériatrie. Malgré le passé lourd de cette ancienne léproserie, tous les malades parlent de la douceur de vivre qui règne ici. Ils pensent d’ailleurs que c’est la raison de leur longévité.

















Jules Ravaud - Photo : J.R. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) jeudi 27 mars 2008


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