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De l’autre côté confirme l’immense talent du cinéaste germano-turc Fatih Akin. Après Head-on, ours d’or à Berlin, ce trentenaire nous offre un film poignant sur la mort et la renaissance, dont on ressort à la fois plus serein et grandi. A ne pas manquer © Golem distribución
Fatih Akin a bien mérité les honneurs du milieu avec son prix du scénario au Festival de Cannes. Après le magistral Head-on, qui l’avait révélé au monde, le jeune cinéaste signe avec De l’autre côté le deuxième opus d’une trilogie dont on ne peut qu’attendre avec impatience le troisième volet. Pour Akin, trois choses devaient être abordées dans sa vie de cinéaste pour entrer dans l’âge adulte : l’amour, la mort et le mal. Head-on parlait de l’amour, De l’autre côté parle de la mort, le troisième opus parlera du mal. De l’autre côté, sorti le 14 mars en Espagne, raconte les destins croisés de personnages pris entre deux mondes : l’Allemagne, symbole de l’Europe moderne sensée "aider la Turquie", et la Turquie, à la recherche de son identité, entre Orient et Occident. "Avec l'Europe tout ira mieux" nous dit l'un des personnages. De son expérience -né à Hambourg de parents turcs, Fatih Akin a tiré l’incroyable justesse de son regard face à la terre d’accueil et la terre des racines.
La voie de la rédemption Trois tableaux, trois histoires qui se frôlent. Deux hommes et quatre femmes, la mort et la renaissance, l’amour et le déchirement, avec en toile de fond la confrontation des cultures. La tolérance et le pardon, seules voies possibles pour revenir à la vie, sont la marque d’un cinéaste romantique, presque utopiste. Ici, pas d’artifices. Juste un sens pointu de l’ellipse qui dédramatise l’implacable destin et empêche la larme facile. Les moments d’émotion apparaissent là où on ne les attend pas, bruts, incandescents.
La force d’Akin Parce que ses personnages ont une vie propre -Akin écrit leur biographie, quelle musique ils écoutent, jusqu’au dernier disque qu’ils ont acheté, il faut saluer l’interprétation, en particulier celle d'Hanna Schygulla. Mère bouleversante et universelle, la muse de Fassbinder éclaire le film d’une lumière éternelle. Car la mort selon Akin n’est pas le couperet lugubre qui laisse planer un malaise. C’est l'accomplissement des destinées, la tête relevée face à la tragédie ; c’est la vie qui continue, plus forte d’être passée par là. Une force qui demeure longtemps après la projection. Laurence DANTHONY. (www.lepetitjournal.com - Madrid) mardi 25 mars 2008
Al otro lado – Sorti le 14 mars Réalisé par Fatih Akin Comédie dramatique, Allemagne-Turquie, 2h02 Avec Baki Davrak, Tuncel Kurtiz, Patrycia Ziolkowska...
Résume : Malgré les réticences de son fils Nejat, Ali, veuf, décide de vivre avec Yeter, une prostituée d'origine turque comme lui. Mais Nejat, jeune prof d'allemand, se prend d'affection pour Yeter lorsqu'il comprend qu'elle envoie son argent à sa fille en Turquie, pour lui payer des études. La mort accidentelle de Yeter éloigne durablement le père de son fils. Nejat se rend à Istanbul dans l'espoir de retrouver la trace d'Ayten, la fille de Yeter. A Hambourg, Ayten sympathise avec Lotte, une étudiante allemande aussitôt séduite par le charme et l'engagement politique de la jeune Turque. Lotte propose même à Ayten de l'héberger chez elle, malgré les réticences de sa mère, Susanne. Voir la bande-annonce : cliquez ici Voir les horaires et les salles : Esmadrid |