| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 26-03-2008 23:00
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La menace d’un boycott fait plus que jamais débat autour des JO de Pékin. A l'image de Bernard Kouchner, la France peine toutefois à se montrer claire, unanime et ferme Affiche condamnant la tenue des JO 2008 à Pékin, le 9 mars 2008 à Dharamsala (photo AFP)
Les contradictions du régime chinois, sur lesquelles chacun fermait les yeux, surgissent avec vigueur depuis qu'en raison des JO, le monde a le regard rivé sur la deuxième puissance économique mondiale. Les violentes répressions au Tibet ont été la goutte d’eau de trop. Il faut à présent pour les dirigeants du monde entier s’exprimer sur le sujet. Un exercice que la France a bien du mal à effectuer. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères aux réactions plus qu’étranges en est la parfaite illustration. Il s'est d'abord contenté de reprendre l’appel à la retenue lancé lundi par Nicolas Sarkozy à la Chine. Puis il a évoqué mardi sur Europe 1, ses nombreux amis : le dalaï-lama, son homologue chinois Yang, et plus globalement les Tibétains ainsi que les Chinois. A croire que s’il est ami avec tout le monde, ses amis ne pourront que s’entendre. Mais quid de l’époque où Kouchner vantait la grandeur de la Chine ? Evoquait le respect qu’on devait lui exprimer ? Et surtout rappelait que cette notion n’interdisait pas de critiquer quand on n’était pas d’accord ? Brûlée avec la flamme olympique ? Pas de doute, la palme du flou olympique lui revient. "Il ne faut pas être plus tibétain que le dalaï-lama", déclare-t-il à l'envi. Ces paroles absconses lui permettent de rappeler que le dirigeant bouddhiste est lui-même contre le boycott et de sous-entendre donc qu’il faut suivre la voie de la sagesse. Bref, ne pas se mouiller plutôt que de se brûler à la flamme de ces JO décidément trop incandescents. La voie de la sagesse En France, il y a pourtant les défenseurs d’un boycott de la cérémonie d’ouverture, comme Corinne Lepage, présidente du mouvement écologiste Cap 21, Reporters sans frontière, Human Rights Watch. Le président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, Axel Poniatowski (UMP) prône une présence française limitée au strict minimum. Langage diplomatique et policé oblige, Nicolas Sarkozy parle lui de considérer jusqu'au bout toutes les éventualités, y compris le boycott de la cérémonie d'ouverture. Plus ferme, Bernard-Henri Lévy n’hésite pas à parler de boycotter les épreuves mêmes. Ségolène Royal et François Hollande sont pour menacer ouvertement la Chine tant que rien n’aura évolué. Mais quand on se rapproche du pouvoir, la plupart ne sont pas favorables au boycott, ni des Jeux, ni des cérémonies. Notamment au sein de la majorité, Rama Yade, Christine Albanel, ministre de la Culture, Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée considèrent que quand il faut y aller, faut y aller. Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) mercredi 26 mars 2008 En savoir Le Parisien - Kouchner : "Ne soyons pas plus tibétains que les Tibétains" Figaro - Rama Yade : "Je recevrai volontiers le dalaï-lama" Libération - Paris tente de se dépêtrer du dossier tibétain Le Point - Boycott des JO de Pékin : les pour et les contre LCI - Jeux olympiques : Des épreuves censurées et en léger différé ?
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